En fin 2020, le Président Mahamadou Issoufou était en fin de mandat. Hama Amadou, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale du Niger de 2011 à 2015 et deux fois Premier ministre était pressenti à la présidence. Le Président du parti Moden FA Lumana, qui a une longue carrière politique, a été injustement poursuivi à l’approche de la présidentielle par le régime Issoufou qui avait son plan Machiavélique d’imposer Mohamed Bazoum comme successeur. Il a été arrêté à l’aéroport à sa descente d’avion et a été conduit en détention. C’est ainsi que Bazoum a été élu Président de la République du Niger.
Même s’il avait été condamné par la justice, en 2017, à un an de prison dans une affaire de « supposition d’enfants », dite des « bébés importés », il a toujours qualifié cette affaire de politique. Et à l’approche de la présidentielle du 27 décembre 2020, la candidature du principal opposant de Mahamadou Issoufou, Hama Amadou, a été invalidée par la Cour Constitutionnelle et au même moment, celle de Mohamed Bazoum, candidat du parti au pouvoir a été validée.
Elu Président à la faveur de la ferveur du clan présidentiel, l’arabe du groupe des Oulad Souleymane est issu d’une ethnie minoritaire au Niger. Ils sont ressortissants de N’Gigmi, N’Gourti ou encore Bilabrine, des villes de la région de Diffa, proche du Tchad.
Ainsi, depuis son élection, le Président Bazoum a centré la diplomatie et la défense de son pays sur les objectifs de la France. C’est ainsi qu’il effectua plusieurs visites de travail dans l’Hexagone et tissa des liens de partenariat dans plusieurs domaines dont le domaine sécuritaire. Malheureusement pour lui, les pays voisins direct du Niger dont le Mali et plus tard le Burkina Faso, se débarrassaient de la diplomatie et de l’armée française. Les éléments de Barkhane, ayant fait 10 ans au Mali, sans un résultat acceptable aux yeux du peuple et des autorités de la transition, ont rejoint le Niger, après leur départ forcé et prématuré du Mali. Cela a été vu, par une partie du peuple nigérien comme une déviation du Président. Il était le seul à vouloir de l’implantation de Barkhane au Niger.
« Les terroristes sont plus forts que nos armées », d’après Mohamed Bazoum, lors d’une interview où il a au préalable énuméré les défaillances des armées du Mali et du Burkina Faso, à travers une analyse à la française. On le sait, parmi ces armées faibles figurent celle du Niger. Il a simplement voulu donner des raisons valables à la présence de l’armée française au Niger.
Les attaques terroristes étaient presque quotidiennes au Niger, malgré la présence de l’armée française. Courant 2023, une attaque d’envergure contre l’armée nigérienne dans la zone de Tillabéry a coûté la vie à plus de 70 soldats nigériens. Selon des sources bien introduites, l’armée Française était complice dans cette attaque et les soldats de l’armée nigérienne transportaient des cadavres des soldats français, qu’ils ont tués au combat comme preuve. Mais en cours de route, ils ont été bombardés par des hélicoptères de l’armée de Macron. Le Président de l’époque Mohamed Bazoum n’a entrepris aucune démarche pour faire la lumière dans cette affaire. Pourquoi ?
C’est dans ces conditions que le 26 Juillet 2023, le général Abdrahamane Tiani, commandant de l’unité de la garde présidentielle, a mis fin au régime d’un Sous-préfet sous le manteau d’un Président. Après le coup d’Etat, seul son parti a continué à dénoncer les faits.
Certaines sources ont rapporté que l’ancien Président Mahamadou Issoufou a regretté d’avoir confié le pouvoir à Bazoum, qui avait donné l’impression qu’il ne travaillera pas dans la division des ethnies. Mais au contraire, il était bel et bien dans ce jeu.
Pourquoi, après son arrestation, Mohamed Bazoum n’a-t-il pas rendu sa démission ?
On le sait, le 18 Août 2020, après son interpellation par une partie de l’armée malienne, le Président Ibrahim Boubacar Kéita a rendu sa démission. Il a voulu, par cet acte, éviter un bain de sang entre les militaires par amour pour son pays.
Bazoum n’a pas accepté de démissionner parce qu’il n’aime pas son pays. Son objectif à la présidence n’a jamais été le développement du Niger. Il sert les intérêts de la France. Et c’est à cause de la France qu’il espère une intervention militaire des pays membres de la CEDEAO. Quelle honte !
Mais sans le quitus du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, aucune intervention militaire de la CEDEAO n’est envisageable au Niger.
Ainsi, Mohamed Bazoum à la Présidence du Niger, c’est vraiment une erreur de l’histoire.
Alfousseini TOGO
Source : Le Canard de la Venise
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