C’est au matin du 1er décembre 1944 que l’armée française a massacré plus de « 100 » Tirailleurs Sénégalais au camp de Thiaroye, alors que ces derniers avaient libéré la France et contribué à la victoire des alliés durant les deux grandes guerres mondiales. Cet horrible événement historique reste méconnu et presque oublié. Depuis plus de 80 ans, aucune lumière n’a été faite sur cette tragédie.
Les Tirailleurs Sénégalais sont les jeunes africains recrutés dans l’AOF par la force pour être déployé en première ligne, sur les théâtres d’opération militaire en Europe, au compte de l’empire colonial français. Ces milliers de jeunes africains appelés les « Tirailleurs Sénégalais » se sont battus pour défendre et protéger le principe de liberté, d’égalité et de la fraternité de la France durant la première et la seconde guerre mondiale.
Durant toute la seconde guerre mondiale, en dépit des conditions climatiques et des injustices raciales subies par les Tirailleurs Sénégalais sur les fronts, ils ont fragilisé les positions stratégiques de l’adversaire pour faciliter la victoire des alliés. Cependant, à l’approche de la victoire finale des alliés, la France procéda au désarmement et à la démobilisation forcée de plus de 1280 Tirailleurs pour les envoyer au camp militaire de Thiaroye en 1944. Avant ce départ forcé dont l’objectif était de se débarrasser de ces vaillants hommes qui venaient de la libérer, la France leur promit des indemnités, des primes ainsi que les droits de guerre.
Au Sénégal, tout a commencé par la réclamation des droits que la France avait promis. En effet, les autorités françaises ont refusé de payer les indemnités des Tirailleurs Sénégalais, sans lesquels France serait devenue une colonie allemande. En agissant comme si de rien n’était, elles ont exacerbé le mécontentement. Impatients du retard du versement de leurs dus pour rentrer dans leurs pays natals, les Tirailleurs Sénégalais entreprirent des démarches pour réclamer ce qui leur revient de droit. Les autorités Françaises ont trouvé cette réclamation gênante. Elle n’a trouvé autre solution que d’ordonner, le matin du 1er Décembre 1944 le massacre de plus de 1280 Tirailleurs sans armes et qui, de surcroit, venaient de sauver la France. Plus de « 100 » personnes venaient de perdre la vie par la faute de leurs frères d’armes français. Les jours qui ont suivi le massacre, ils ont procédé aux jugements, aux exécutions sommaires, aux emprisonnements, etc.
En effet, cela fait 80 ans qu’aucune lumière n’a été faite sur cet événement horrible par manque de documentation. Après ce crime, la France a toujours caché aux yeux des africains, descendants des Tirailleurs les archives du drame de Thiaroye de 1944. C’est pourquoi, le chiffre exact des victimes n’est pas encore connu. La recherche de la vérité et sa vulgarisation sur ce massacre incombent à tous les anciens Etats appartenant à l’AOF pour mettre en lumière ce drame commandité par une ancienne puissance coloniale vampire.
Cette histoire commune qui est le massacre de Thiaroye 44 doit être protégée. Déjà un grand pas a été franchi au Mali depuis le 1er Décembre 2001. Ainsi, le Président Alpha Oumar Konaré a érigé le monument des Tirailleurs Sénégalais à Bamako. S’en est suivi, le 1er Décembre 2024, Sénégal, qui a commémoré le 80ème anniversaire du massacre des Tirailleurs Sénégalais à Thiaroy. Tous les Etats appartenant à l’ancienne AOF doivent s’inscrire dans cette dynamique pour rendre hommage aux Tirailleurs Sénégalais massacrés afin que leur histoire ne tombe pas dans l’oubli.
Aussi, l’actuel gouvernement sénégalais a fait une estimation du nombre de victimes, en Décembre dernier, qui fait état de « plus de 300 morts ».
Boubacar Bani Traoré
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