Le Général d’Armée Assimi Goîta respecte une tradition sans conviction. Les Maliens ont-ils encore besoin d’entendre du Président de la Transition que Kidal a été récupérée par les Forces de Défense et de sécurité, dans son adresse à la nation? Le peuple a-t-il encore envi de savoir que Assimi a conscience de sa souffrance concernant la crise d’électricité ? Le Président doit-il se glorifier de l’inauguration de la mine de lithium de Goulamina, qui sera exploité et vendu à l’état brut ? Les Maliens doivent-ils encore entendre de leur Président, après quatre années de gestion, que la mission de sécurisation de l’ensemble du territoire continue ? Ainsi, à presqu’un mandat de gestion, le Président de la Transition ne rassure pas les Maliens quant à un avenir radieux. Pourquoi, si les élections sont tant prisées, Assimi ne les a pas évoquées dans son adresse à la nation ?
L’année 2024 a été très éprouvante pour les Maliens. Le peuple a connu l’insécurité, les catastrophes naturelles, la crise financière, les crises politiques et institutionnelles, etc. Les autorités de la transition devaient trouver une formule immédiate pour atténuer la souffrance des Maliens, après quatre longues années de gestion. Mais ce 31 Décembre 2024, à entendre le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, l’ère de la fin de la souffrance n’est pas encore prescrit.
Qu’est-ce qui peut mettre fin à la souffrance des Maliens aujourd’hui ?
Le budget de la présidentielle a été voté par le Conseil National de Transition (CNT). Le Président de la Transition a instruit au nouveau gouvernement de travailler à la tenue de la présidentielle. Mais dans son adresse à la nation, il ne l’a pas évoqué. Pourquoi ne l’a-t-il pas évoqué le 31 Décembre 2024 ? Est-ce parce que les élections n’auront pas lieu cette année ? Ce n’est plus la priorité du régime en place ?
On le sait, c’est l’organisation de la présidentielle et le retour à l’ordre constitutionnelle qui peuvent sauver le Mali du naufrage. Et d’ailleurs, c’est l’un des points cruciaux de discordance entre les trois Etats de l’AES et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Assimi assure actuellement la Présidence de la Confédération des Etats du Sahel. Et dans son adresse à la Nation, il n’a pas magnifié cette organisation qui peut aboutir, dans l’avenir, à une Fédération.
Aussi, Le Président de la Transition devait avoir le courage d’évoquer dans son discours, le retour à l’ancien système dans l’approvisionnement de notre pays en électricité, c’est-à-dire, l’achat des Mégawatts-heures avec la Côte d’Ivoire pour mettre fin à la crise, à court terme. Les Maliens allaient être satisfaits de son engagement pour le développement.
Le Général Assimi Goïta n’a pas évoqué les vraies raisons du limogeage de l’ancien Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga dans son discours de l’an. Les Maliens ont le droit de savoir les réalités du pouvoir car la crise qui sévissait entre Choguel et les militaires est antérieure à son meeting au CICB. Selon des sources bien informées, Dr Choguel Kokalla Maiga était opposé à certaines décisions du Président de la transition dont notamment l’idée de sa candidature à la présidentielle et certaines réformes politiques.
Pourquoi le général Assimi n’a pas évoqué directement la crise entre le Mali et l’Algérie ?
Aujourd’hui, la presse malienne est dans le coma. Au Sénégal, le Président Bassirou Diomaye Faye a accordé plus de 4 Milliards FCFA comme aide à la presse sénégalaise. Mais au Mali, depuis belle lurette, la presse vie sans aucune considération de l’Etat. Faut-il laisser les entreprises de presse dans l’agonie et continuer à alimenter les réseaux sociaux et traquer après ces même « vidéo-mans » en mission ? Le Président de la transition devait évoquer la détresse de la presse au Mali et proposer une alternative acceptable. Depuis plusieurs années, la Maison de la Presse est dans un combat noble pour l’indexation de l’aide à la presse au budget de l’Etat. Mais jusqu’à nos jours, les soldats de l’information attendent la fumée blanche.
La dette intérieure du Mali est telle que le gouvernement n’arrive plus à convaincre les opérateurs économiques et les entrepreneurs Maliens pour leur attribuer des marchés publics. Pourquoi ne pas faire des promesses dans ce sens ? Quid de la dette extérieure, où le Mali a perdu la confiance de presque tous.
Et cette crise de carte d’identité, prendra-t-elle fin un jour ?
Ainsi, le Président de la transition doit faire valoir l’intérêt supérieur de la nation et mettre la forme dans sa politique de gouvernance en se légitimant avec une élection ou en organisant l’élection et céder le pouvoir à un Président élu. En Russie, Vladimir Poutine met toujours la forme en se présentant si c’est possible et en s’éclipsant du Kremlin quand ce n’est plus possible, en attendant toujours le moment opportun.
De toute façon, l’ancien Premier ministre de la transition avait prévenu, lors de la cérémonie de clôture de la Biennale Artistique et Culture à Mopti : « Il y a un temps pour faire les discours populistes. Il faut savoir partir car le peuple ne va pas continuer à accepter longtemps ce système », a-t-il déclaré au Stade Baréma Bocoum.
Aujourd’hui, les reportages sur le début les travaux du tronçon Kati – Bamako en deux fois deux voies et biens d’autres communications sont des actes populistes à ne pas faire pour un pouvoir respectable. De toute façon, quitter la CEDEAO n’est pas la solution et refuser de se conformer à la constitution, après un mandat gratuit au pouvoir, est une violation de la constitution qui est déjà dans la poubelle.
« Na laara, an saara »
Alfousseini Togo
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