Si les principes de la refondation du Mali doivent aboutir à un Etat normal, il est impossible, à quelques mois de la fin du délai de la transition, d’organiser les élections présidentielles, compte tenu des lourdes tâches qui restent à accomplir pour un Mali nouveau et prospère.
Aujourd’hui, l’Etat ne contrôle pas encore l’ensemble du territoire, compte tenu de la situation toujours tendue avec les rebelles de la CMA ; le fichier électoral est vétuste et doit subir de profonds changements ; les nouvelles régions ne sont pas totalement opérationnelles ; l’armée est au four et au moulin pour combattre les terroristes désormais dispersés sur l’ensemble du territoire ; la classe politique et la société civile n’ont pas encore été refondées ; etc.
Ainsi, selon des sources concordantes, plusieurs partis politiques dont l’Adema-PASJ, la CODEM, le RPM, le CNID-FYT, etc. sont contre toute forme de prorogation de la transition. Une partie de la société civile est également contre la prolongation de la durée de la transition.
Les élections présidentielles doivent être organisées sur la base d’un fichier électoral fiable. Les élections de Février 2024 doivent être organisées selon le nouveau découpage territorial, c’est-à-dire, avec les 19 régions et le district. On le sait, ni la situation sécuritaire actuelle, ni la situation conflictuelle avec la coordination des mouvements de l’Azawad sur la question de l’occupation par l’armée des emprises de la Minusma après leur départ, surtout dans les villes sous contrôle des rebelles, encore moins l’impréparation des nouvelles régions, ne favorisent la tenue de la présidentielle. Comment continuer à négocier avec des groupes armés pour organiser des élections dans certaines localités du Mali ? Faut-il encore organiser la présidentielle sans Kidal ? Cela ne favorise-t-elle pas la division du Mali ?
Il faut se mettre en évidence : en 2013, on a organisé les élections présidentielles à la hâte, avant même de résoudre les problèmes du pays. Le régime IBK n’a pas pu résoudre les problèmes laissés par la transition de Dioncounda Traoré. Et au bout de 7 ans de gestion, il y a eu de profonds malaises qui ont abouti au coup d’Etat du 18 Août 2020. Pour éviter d’autres coups de force dans l’avenir, le peuple doit donner quitus à la transition de parachever les actions déjà entamées afin de sécuriser le prochain régime.
Aussi, il faut attendre la libération totale du pays pour prétendre organiser une élection sans reproche. La classe politique malienne est pressée car certains hommes politiques sont affamés du pouvoir alors qu’ils ne peuvent pas sortir le Mali de la crise. Ils sont généralement instrumentalisés par les puissances occidentales et ne peuvent pas prendre certaines décisions importantes.
Il faut donc laisser le temps à Assimi et ses compagnons de nettoyer la maison et de partir dignement. De toute façon, Assimi est venu au pouvoir sans le vouloir.
‘’Na laara, an saara’’
Alfousseini TOGO
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