Vu les discours diplomatiques des différents ministres des Affaires Etrangères des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES), il est évident qu’il n’y a plus aucune chance de cohabitation avec la CEDEAO. Les relations seront désormais directes entre l’AES et les pays membres de la CEDEAO, sans une implication de l’instance sous régionale. Cela est-il possible ? Ainsi, la CEDEAO et l’AES ne seront-elles pas les deux communautés représentatives de l’Afrique de l’Ouest au sein d’autres instances internationales ? « Si nous quittons la CEDEAO, ce sont des nouvelles dispositions qui seront en vigueur. Il n’y a plus une seule organisation en Afrique de l’Ouest qui va représenter les populations, mais désormais deux (la CEDEAO et l’AES)», dixit Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires Étrangères et de la coopération internationale du Mali.
Comment les populations des pays membres de l’AES vont-elles évoluer désormais dans l’espace CEDEAO et autres ? Comment vont évoluer les affaires et les échanges économiques et financiers ? Abdoulaye Diop n’est pas très clair : « C’est l’heure de la séparation définitive que nous avons annoncée depuis un an et nous irons discuter de l’intérêt de nos États et de nos populations. Voir comment nos concitoyens auront la paix et trouver des réponses à leurs inquiétudes dans un souci de libre circulation mais dans le respect de la souveraineté des Êtas ».
Le peuple peut-il faire entièrement confiance aux autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger, concernant cette décision souveraine ? Pouvons-nous continuer le sacrifice dont nous ignorons le bout du tunnel ? « Nous demandons aux citoyens du Mali, du Burkina et du Niger d’être rassurés et de rester derrière leurs chefs d’Etats dans leurs décisions. Ils sont mobilisés et ils ne sont pas assis. Ça ne va pas être facile du tout, car beaucoup n’ont pas aimé notre démarche et ils mettent des moyens en œuvre pour saboter nos actions. Mais nous savons ce que nous voulons et nous agissons pour ça », d’après Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères et de la Coopération Internationale du Mali avant de poursuivre : « Pour l’instant, il n’y a pas eu de discussions pour savoir qu’après notre retrait, comment allons-nous vivre ensemble entre les pays, comment les populations vont circuler, comment mener les activités sur le plan commercial et sécuritaire afin d’éviter un conflit entre nos États ». Donc, après la séparation, c’est la souffrance. Comment les dirigeants qui peinent à organiser les élections vont-ils assumer ce choix face à l’histoire ?
Aussi, dans un discours prononcé, vendredi 24 janvier, au Conseil de sécurité des Nations Unies pour le compte de la Confédération des États du Sahel (AES), le représentant permanent du Mali, Issa Konfourou a détaillé la stratégie régionale de l’organisation pour lutter contre le terrorisme en Afrique.
Selon le diplomate malien, l’AES mène une « stratégie globale et intégrée » contre le terrorisme, incluant des mesures politiques, économiques, sociales, de justice et de réconciliation. Cette approche vise à trouver des « solutions durables aux causes profondes du terrorisme, en tenant compte des réalités locales ».
Mais le terrorisme faisant partie désormais ne notre quotidien, pourquoi ne pas faire face aux autres crises ? On le sait, la crise financière est très active présentement dans nos pays. Le repositionnement stratégique est une volonté dont l’accomplissement est toujours de longue durée. Il faut donc comprendre que l’avenir de nos Etat est incertain. Mais l’espoir peut renaitre avec les nouveaux alliés stratégiques des Etats du Sahel.
Alfousseini TOGO
Source : Le Canard de la Venise
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