Pour des cas de détournement, d’atteinte aux biens publics et d’atteinte au crédit de l’Etat, plusieurs personnalités, leaders d’opinion et autres sont actuellement en prison. Pour l’opinion publique, la justice s’est réveillée et fait son travail. Mais malgré les arrestations et les mandats de dépôt et même les condamnations, l’économie du pays est à terre. L’électricité est devenue aujourd’hui un luxe pour les Maliens. Malgré tout, les autorités de la transition suivent leur rêve : celle de faire peut-être du Mali un pays intouchable, en cette période de troisième guerre mondiale.
La troisième guerre mondiale a commencé le jour où la Russie a attaqué l’Ukraine. Etant un soutien de la Russie, le Mali n’est pas en marge de ces conflits. Notre pays apporte des soutiens multiformes à la fédération de Russie.
Le Mali traverse des moments difficiles. Le problème de la société Energie du Mali SA s’aggrave. L’économie locale est actuellement très abimée. A Mopti, Bandiagara, Douentza, l’électricité est devenue un luxe, une denrée très rare. Pour Bamako, c’est le même scénario. Des quartiers font souvent plus de 24 heures sans électricité. Face à cette situation, la justice est en train de placer les responsable de détournements et d’escroqueries au sein de la société EDM-SA sous mandat de dépôt. Oui, il faut la justice, mais les Maliens doivent-ils rester dans cette situation pendant longtemps encore ? Si les responsables politiques et ceux de l’EDM ont manqué de vision auparavant, aujourd’hui, devons-nous attendre l’installation des centrales nucléaires pour résoudre ce problème ?
On le sait, EDM a toujours été la vache laitière des régimes politiques au Mali. L’effectif des travailleurs et la médiocrité de ses services en-disent long.
Il faut cependant des solutions concrètes pour sortir les Maliens de cette crise sans précédent. D’ailleurs, n’est-ce pas l’arrêt de la fourniture de l’électricité de la Côte d’Ivoire qui a mis à nue l’incapacité de l’EDM ? Ainsi, dans cette affaire, il n’y a même pas de cap, de nos jours. Si tout dépend de l’électricité aujourd’hui, on peut affirmer que l’économie locale est en berne.
Le développement passe impérativement par l’industrialisation. L’industrialisation aussi passe par l’énergie. Le gouvernement est en train de construire des usines partout au Mali. Comment ces usines vont-elles fonctionner, si l’énergie n’est pas stable ? Pourquoi construire des usines de ciment, de filature, etc. sans aussi des routes de qualité ?
Par ailleurs, la justice a ouvert plusieurs fronts dont l’affaire du fonds COVID-19, l’affaire dite Sécuriport, l’affaire des équipements militaires, l’affaire dite zone aéroportuaire, etc.
Le problème à ce niveau, c’est le manque d’information. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est la condamnation du peuple qui précède celle de la justice. Ainsi, quand quelqu’un est placé en garde-à-vue, le pour une partie du peuple, il est forcément un voleur ou un escroc. Or, tant que la culpabilité d’une personne n’est pas établie par la justice, la présomption d’innocence doit être de mise. Le mandat de dépôt suffit pour faire d’une personne un voleur au Mali ou même un criminel. La justice doit travailler en mettant en branle la présomption d’innocence. Plus le peuple est ignorant, plus la justice est dépendante.
Les autorités de la transition doivent travailler à poser les balises du développement de la base au sommet. Il ne faut jamais commencer au sommet.
Avec les incertitudes, les tâtonnements dans certains domaines, il est clair que la vision des autorités de la transition ne sera jamais partagée par certains Hommes politiques, leaders religieux, leaders d’opinion, etc. C’est pourquoi, la loi sur la cybercriminalité prend de l’ascenseur. La théorie de l’intimidation pour mieux régner doit cesser pour une meilleure expression de la démocratie.
Concernant la situation sécuritaire, le Pays Dogon est toujours dans la crise. Le développement passe d’abord par la sécurité.
Les populations de la région de Mopti ont été résilientes jusqu’au bout. Il faut donc changer de fusil d’épaule avant qu’il ne soit trop tard. Il faut que les FAMA occupent l’ensemble des villes et villages du Pays Dogon et de la région de Mopti, comme c’est le cas actuellement à Kidal.
Malgré toutes ces difficultés, les autorités de la transition semblent être sur les traces d’un idéal. Peut-être que cet idéal va complètement libérer le Mali. Il nous faut alors un peu de temps pour jouir de ce bonheur.
Il faut aussi un remaniement ministériel pour plus d’ouverture. Le nouveau gouvernement doit être beaucoup plus politique que militaire pour sauver le Mali.
« Na laara, an saara »
Alfousseini Togo
Source : Le Canard de la Venise
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