Le 30 Septembre 2024, à 13 heures, à quelques heures de la rentrée scolaire prévue pour le 1er Octobre, le ministre de l’Education nationale a annoncé en direct sur la télévision nationale le report de la rentrée scolaire. Pourquoi cette décision de report à 12 heures de la rentrée scolaire ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Pourquoi, après ce comportement irresponsable, le ministre Amadou Sy Savane n’a-t-il pas rendu sa démission ?
On le sait, avant la date fatidique du 30 Septembre 2024, la synergie des syndicats des enseignants avait progressivement informé le ministre de l’état de délabrement de certains établissements scolaires ; de l’occupation des centaines écoles par les sinistrés des pluies diluviennes ; du ravage de certaines écoles par les eaux de pluie et de la poursuite des négociations concernant certains avantages que les enseignants devraient bénéficier dès la rentrée scolaire, comme convenu dans les négociations des années précédentes. C’est ainsi que les responsables de la synergie des syndicats, ayant vu que le ministre fait sourd-oreille à leurs doléances ont décidé de boycotter la reprise du 1er Octobre 2024. Sachant la rentrée impossible, le ministre a décidé de se présenter, en direct, à la télévision nationale pour prendre le devant sur la synergie des syndicats signataires du 15 Octobre 2026, en annonçant le report de la rentrée scolaire au 04 Novembre 2024.
Pourquoi le ministre n’a-t-il pas reporté la date de la rentrée juste au moment où le gouvernement a décrété l’état de catastrophe nationale ? Pourquoi le ministre n’a-t-il pas écouté les Directeurs des Académies d’enseignement, qui ont décrit la situation préoccupante des écoles à Bamako et à l’intérieur du pays ?
Cette situation chaotique prouve à suffisance l’incapacité du ministre Sy Savane à relever les défis de l’anticipation sur les problèmes liés à son département.
Compte tenu de la gravité de la situation, le ministre de l’Education Nationale devait rendre sa démission ou être renvoyé par le Président de la Transition. Mais hélas, le mensonge a prévalu sur la vérité, encore une fois de plus. Il fallait manipuler l’opinion nationale en évoquant seulement l’état de catastrophe décrété par le gouvernement, pas le rôle des syndicalistes.
Alors, quand allons-nous sortir de cette situation de populisme généralisé, qui prend son envol avec un peuple illettré, qui ne voit le problème venir que lorsqu’il le frappe en plein visage ? Pourquoi gouverner au Mali est synonyme de manipulation ?
Pour l’heure, en attendant la nouvelle date de la rentrée scolaire, le problème persiste toujours, malgré la mise en place d’un comité interministériel de gestion de la crise, dirigé par le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga.
La catastrophe naturelle est souvent causée par la transgression de certaines règles préétablies dont la construction des habitats sur le lit du fleuve et des marigots ; le non-respect de certaines règles de construction ; etc.
Les écoles ne constituent pas de lieux de refuge pour les sinistrés. L’Etat doit prévoir des sites privilégiés pour cela. Mais le vrai problème, c’est le manque de stratégies d’anticipation sur les problèmes. Sinon, l’hivernage a commencé en Juin.
Alfousseini Togo
Source : Le Canard de la Venise
En savoir plus sur Venise Mali
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
