Pourquoi, de nos jours encore, la situation des enseignants licenciés de l’enseignement catholique ne bouge pas ? Etat signifie-t-il lenteur ? On le sait, ce millier d’enseignant licencié est un personnel de qualité. Mais au lieu de prendre des mesures urgentes pour leur permettre de continuer à servir la nation à la hauteur de leur capacité et leur vision, le ministre de l’Education national préfère sûrement les trainer dans la boue du chômage. Cela plait-il à qui de perdre un emploi, surtout dans un pays où le taux de chômage est chaque année au rabais, pendant que les recrutements sont insignifiants et le marché de l’emploi est toujours inondé ? Ces enseignants licenciés injustement de l’enseignement catholique travaillaient pour l’Etat, sous le couvert d’un système approuvé par ce même Etat. Alors, pourquoi, du jour au lendemain, parce qu’on est incapable de trouver les fonds nécessaires pour la structure employeur, on laisse tout tomber ? Donc, si les autorités dirigeantes de l’enseignement catholique ne sont pas ambitieuses, est-ce la faute aux enseignants ? L’Etat peut et doit intégrer, à titre exceptionnel ces piliers de l’éducation dans la fonction publique. Le mauvais conseiller du ministre de l’Education Nationale qui est contre ce principe roule contre son propre pays. Tout le monde sait comment le fonds était mal géré par les autorités de l’enseignement catholique. Tout le monde sait que les autorités de l’enseignement catholique ont triché concernant le nombre d’enseignants recrutés. Tout le monde sait que les cotisations des enseignants n’étaient pas payées régulièrement à l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS). Si le Ministre de l’Education Nationale arrêtait d’écouter ces proches, qui sont proches également des autorités diocésaines, la situation des enseignants licenciés injustement allait connaitre son épilogue.
Ainsi, ce sont des chefs de famille qui souffrent aujourd’hui. Ils ont des enfants qui ne mangent plus trois fois par jour. Un Etat n’est pas que répressif. « Plus d’Etat ont péri parce qu’on a violé les mœurs que parce qu’on a violé les lois ». Lisez in extenso le cri de cœur de Madou Traoré, enseignant licencié de l’enseignement catholique.
« Autorités de la Transition, nous vous parlons aujourd’hui avec le cœur lourd et la dignité meurtrie.
Depuis trop longtemps, les enseignants licenciés des écoles catholiques vivent dans l’angoisse, la précarité et l’oubli. Nous avons servi l’école malienne avec loyauté, souvent dans des conditions difficiles, en formant des générations d’enfants pour la Nation. Aujourd’hui, nous sommes laissés sans emploi, sans perspectives claires, sans reconnaissance à la hauteur des sacrifices consentis.
Nous avons atteint le seuil de la souffrance.
La faim s’installe dans les foyers, les dettes s’accumulent, la dignité s’effrite. Derrière chaque enseignant licencié, il y a une famille, des enfants, des parents âgés. Ce que nous vivons n’est plus supportable.
Nous ne demandons ni privilèges ni passe-droits.
Nous demandons justice, reconnaissance et solutions concrètes.
Une prise de décision courageuse à la hauteur des valeurs de solidarité et d’équité.
Autorités de la Transition, entendez notre cri. Il n’est ni politique ni conflictuel ; il est humain. Il est celui d’enseignants qui veulent continuer à servir leur pays, à travailler, à vivre debout.
Agir maintenant, c’est prévenir l’irréparable, restaurer la confiance et honorer la République ». Madou Traoré, enseignant licencié des écoles catholiques.
A TOGO / A COULIBALY
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