Après Moussa Traoré (1968-1991) et Amadou Toumani Touré (2002-2012), l’actuel Chef de l’Etat, Colonel au moment de la prise du pouvoir, est désormais le roi de l’armée Malienne. Assimi Goïta a été promu au grade de Général d’Armée à titre exceptionnel, lors de la session du Conseil des ministres du 16 Octobre 2024. Le plus haut gradé de l’armée Malienne est aussi le Chef de l’Etat. Quant à ses frères d’arme Sadio Camara, Malick Diaw, Modibo Koné et Ismaël Wagué, ils ont été promu Généraux de Corps d’Armée. Le Ministre de l’Administration Territoriale et de la décentralisation, Porte-parole du gouvernement, Abdoulaye Maïga, bénéficie du grade de Général de Division avec le Gouverneur de Koutiala Abdoulaye Cissé, celui de Gao et Abdramane Baby, Ambassadeur du Mali en Espagne, etc.
La différence est ainsi créée entre le Président de la transition, Chef de l’Etat et ses compagnons avec qui il a pris le pouvoir et avec qui il gouvernait de façon très périlleuse. Quand on sait qu’il y avait des problèmes entre les Cinq colonels, qui bloquaient souvent l’Etat ; quand on sait que chacun parmi les cinq entretenait son clan ; etc., il est évident qu’avec cette posture de général d’Armée d’Assimi Goïta, ces problèmes seront un triste souvenir.
Ainsi, avec cette montée en grade des autorités de la transition, les Maliens sont présentement dans un dilemme cartésien. En effet, les désormais généraux sont-ils prêts à organiser la présidentielle et à céder le pouvoir à la classe politique ? Le Général d’Armée Assimi Goïta est-il prêt à déposer sa candidature pour devenir Président de la République du Mali, lors de la prochaine présidentielle dont le budget a déjà été voté au CNT ? Est-ce une manière de préparer la confiscation totale du pouvoir, en tant que plus haut gradé de l’armée ?
Aujourd’hui, ni l’atmosphère politique, ni la situation sécuritaire, encore moins la situation économique et financière du pays ne permettent l’organisation de l’élection présidentielle en 2025. Le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Maïga, à la Tribune des Nations-Unies avait affirmé qu’il n’y aura pas d’élection au Mali tant que les reformes engagés ne sont pas terminées. Les reformes ont-elles encore commencé ?
Aujourd’hui, notre pays s’enfonce dans l’entretien d’un populisme inutile et dans le maquillage du mensonge. A chaque évènement, la version officielle est couverte de mensonges délibérément orchestré par le gouvernement. Ainsi, lors de l’attaque complexe, orchestrée par des terroristes à Bamako, le 17 Septembre 2024, les autorités de la transition se sont focalisées dans leurs communiqués sur l’attaque de l’école de gendarmerie de Faladjè, sans évoquer l’attaque humiliante de l’aéroport international Président Modibo Kéïta-Sénou. Quelle honte ! Aussi, les contours du pouvoir ont été sérieusement profanés par le peuple, ce, par le comportement de certains dirigeants. On le sait également, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga ne veut pas se résilier à la vérité dite par l’ancien Président feu Ibrahim Boubacar Kéïta, alors en détention à Kati : « A chaque temps sa vérité ». Choguel ne joue, aujourd’hui, qu’un rôle de figurant parmi des ministres très puissants. Son rôle, ce ne sont que des petites audiences avec des associations, des personnalités, etc. Il n’a plus aucun dossier stratégique de la nation à gérer. Mais pourquoi reste-t-il toujours à la primature ? Son temps de gloire pour cette transition n’est-il pas derrière nous ?
Cette transition n’est pas encore à sa fin. Le général de Corps d’Armée Assimi Goïta n’est pas prêt à diriger le Mali en tant qu’homme politique car il sera obligé d’ouvrir la porte à l’opposition et aux critiques. Il sera obligé de supporter les tirs de la presse et d’autres entités. C’est pour toutes ces raisons que la prorogation de la transition sera toujours leur élection.
Aujourd’hui encore, malgré tous les efforts, sur le plan sécuritaire, nous avons quitté le point ‘’A’’, mais avons-nous atteint encore le point ‘’B’’ ?
Vive le roi de l’armée pour que vive la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Aujourd’hui, le Général d’Armée commande toute l’armée et dirige tout le Mali.
Alfousseini TOGO
Source : Le Canard de la Venise
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