« Si nous organisons les élections maintenant et quittons le pouvoir, le prochain Président sera encore renversé », d’après le colonel Assimi Goïta, lors de la présentation de vœux aux légitimités traditionnelles.
Ainsi, le 18 Août 2020, les colonel Assimi Goïta, Sadio Camara, Modibo Koné, Malick Diaw et Ismaël Wagué, ont renversé le régime de feu Ibrahim Boubacar Kéïta, dont le mandat devait prendre fin en 2023. Au départ, le peuple avait opté pour une transition civile et des tractations ont été faites dans ce sens. C’est ainsi que Bah N’Daw a été désigné Président de la transition et a prêté serment le 4 Septembre 2020. Ce choix s’est avéré inopportun pour les Maliens car en presqu’une année, le peuple ne voyait pas d’actions concrètes et le 24 Mai 2021, à la suite des problèmes entre ceux qui ont nommé le Président N’Daw et lui-même, ce dernier a été arrêté et il a été mis fin à son règne. C’est à partir de cette date que le Colonel Assimi Goïta, antérieurement Vice-Président de la Transition, prend les rênes du pouvoir en qualité de Président. A partir de ce moment, les choses sérieuses ont commencé. Si le Mali a pu influencer le monde entier par les actions du gouvernement, c’est grâce à la vision actuelle des autorités de la transition. La France est à terre au Mali, la Minusma est partie et la Russie est de retour. Le peuple est confiant quant à un avenir prometteur. Mais une transition n’a-t-elle pas une limite ? Un bon Président de la Transition sera-t-il obligatoirement un bon Président de la République ?
La question de l’organisation ou non de l’élection présidentielle est une question de vie ou de mort pour notre pays. On le sait, le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré a assuré la transition à la tête du CTSP, de 1991 à 1992. Il a cédé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré à la suite de sa victoire à la présidentielle et à la base d’autres arrangements. Dix ans plus tard, c’est ATT qui a gagné les élections en tant qu’homme politique et non militaire. Donc, il faut savoir partir et revenir.
Aujourd’hui, le pouvoir ne doit pas se fier aux propos de certains soutiens sur les réseaux sociaux et dans d’autres endroits pour se permettre de penser que sans Assimi, le Mali ne sera plus. Même Assimi le pense aujourd’hui, c’est ce qui est très grave.
Au vu des problèmes qui persistent au sommet de l’Etat dont les mésententes au sujet du départ ou non de Choguel Kokalla Maïga de la primature ; les rétentions d’informations de certains supers-ministres, qui se croient plus grands que le Premier ministre ; l’implication de certains proches d’Assimi dans des sales affaires, pouvant les ouvrir la porte de la prison ; les ambitions politiques de certains militaires membres du CNSP ; etc. font que le colonel Assimi Goïta est entouré par plusieurs Assimi Goïta. On le sait, Choguel est Premier ministre de forme, sinon il n’est pas au parfum des vraies situations dans la gouvernance : les affaires militaires, les dossiers de l’Administration territoriales, etc. Pourquoi maintenir un Premier ministre sans aucun grand dossier à gérer ? Aujourd’hui, Choguel Maïga ne gère que les audiences de son département. N’est-il pas temps aussi pour lui de se déterminer et de partir car le Colonel Abdoulaye Maïga, ayant gouté à la Primature, lors de la maladie de Choguel, continue vivement à guetter ce poste. D’ailleurs, n’est-ce pas la raison pour laquelle le ministre d’Etat, Porte-parole du gouvernement ne considère plus Choguel comme un chef ?
De toute façon, Choguel et Abdoulaye Diop ont été utilisés pour défaire les plans de la communauté internationale et de la France. Dans le cadre de la reconstruction, d’autres Présidents choisirons d’autres personnalités pour un gouvernement plus ouvert et une diplomatie plus dynamique.
Le Colonel Assimi Goïta, un dirigeant ouvert et très proactif doit-il laisser encore la transition durer ?
Les conséquences de cette décision sont dévastatrices pour des Millions de Maliens sur les plans économiques et financiers. Le mieux pour le Mali aujourd’hui est d’avoir un Président élu démocratiquement. Le Colonel Assimi Goïta peut se présenter en tant qu’Assimi Goïta, après sa disponibilité dans l’armée pour affronter les vraies réalités politiques du pays. Ou-bien, il peut laisser les Hommes politiques se servir de son héritage pour mieux diriger le pays. Mais un Président militaire est différent d’un homme politique qui prend des coups et est obligé de supporter une opposition farouche. Assimi pourra-t-il supporter cela ?
Toutes ces hypothèses sont acceptables. La seule stratégie qui n’est pas acceptable aujourd’hui, c’est le refus d’organiser la présidentielle pour des raisons inacceptables aussi. Si le fichier électoral n’est pas actualisé depuis bien longtemps, le régime de la transition a eu beaucoup de temps pour accomplir cette tâche. Mais il a servi, en l’état à organiser le référendum. Il peut aussi servir à organiser la présidentielle pour sortir rapidement le Mali de la transition. Sans les élections, même si la volonté des autorités est la diversification des partenaires, l’on ne va travailler qu’avec des partenaires d’un seul bord. Si Assimi persiste dans cette situation où l’armée va demeurer la seule priorité, le pays ne s’en-sortira pas. On le sait, même Vladimir Poutine, en Russie, met la forme dans sa démocratie. Il organise les élections et s’il ne doit pas être candidat, il s’efface en attendant une autre occasion. En vous sauvant, mon Colonel, vous sauverez le pays tout entier.
Ainsi, Assimi est le candidat idéal du peuple. Il faut donc organiser les élections et asseoir une base solide de développement du Mali sur tous les plans. De toute façon, le prochain Président est obligé d’être Assimi, même si ce n’est pas Assimi.
Alfousseini TOGO
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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Quelle analyse! Dieu merci, il y a des grands journalistes dans ce pays qui n’ont peur de rien. Assimi commence vraiment à changer de vision. « Seul moi j’en suis capable aujourd’hui » Erreur! il doit organiser les élections et laisser le pouvoir à un civil avant qu’il ne soit trop tard.