Tous les ingrédients d’une guerre aboutissant au nettoyage ethnique étaient réunis au Pays Dogon et alentours. L’État était affaibli par les pressions des terroristes dans ces contrées et ne manifestait plus aucun signe de présence. Les populations étaient abandonnées à leur triste sort. L’armée était en débandade. C’est ainsi que des Hommes ont réfléchi et mis en place des groupes d’autodéfense afin de nettoyer ceux qui voulaient les nettoyer. Voilà ce que la faiblesse de L’État peut provoquer. Et si, jusqu’à nos jours la crise continuait ainsi ? On peut affirmer aujourd’hui que le plan diabolique d’une puissance occidentale, en complicité avec certains Maliens a échoué à cause de la vigilance des chasseurs et de la montée en puissance de l’armée, présentement.
On le sait, les terroristes au Mali et même dans la sous-région sont généralement de l’ethnie Peule. Cette ethnie a été la plus sensible aux offres des terroristes recruteurs, selon des sources concordantes. Et d’ailleurs, c’est l’ethnie au sein de laquelle l’on voit des marabouts et des hommes accrochés à l’islam, qui ne travaillent jamais autrement, comme si Dieu doit les nourrir et les développer à cause de la croyance seulement. Ce temps est révolu. Nous sommes à l’ère du concret. Ainsi, selon la cartographie de la crise, les cercles de Bandiagara, Koro, Bankass et Douentza ont beaucoup souffert de la pression des terroristes car les populations sont de l’ethnie Dogon. Par contre, à Tenenkou, Youwarou, Djenné et Mopti, ce sont les militaires qui ont le plus souffert car les populations de ces zones sont majoritairement Peules.
Cette crise a commencé depuis 2016, avec la création d’un projet de sensibilisation des populations peules sur leur prise de conscience concernant le développement. Ce, après la signature de l’Accord d’Alger. Donc, ils voulaient aussi leur part. L’État, qui ne se manifestait pas dans ces zones est d’une part responsable de cette crise. Concernant ce projet, des noms de certaines personnalités avaient été cités, mais qui n’ont jamais été inquiétés. Pourquoi ?
La crise a pris une tournure inattendue à cause de l’aspect ethnique. Les affrontements entre groupes d’autodéfense et terroristes deviennent des affrontements entre Dogon et Peulhs. L’État impuissant ne réagissait pas et les visites des ministres ou du Président étaient réservés aux condoléances après les massacres. C’était sous le Président feu Ibrahim Boubacar Kéïta. L’État était faible et les populations souffraient atrocement. Les mots comme génocide, épuration ethnique, etc. étaient toujours à craindre sur le terrain.
Pour la puissance occidentale qui appuyait le projet, le Mali devait ressembler au Rwanda, lors du génocide de 1994, orchestré par l’inaction de cette même puissance, présente dans ce pays au moment des faits par une armée de plusieurs milliers d’Hommes.
La justice mal rendue a aussi été un facteur déclencheur de cette crise. Dans la région de Mopti, l’on ne pouvait gagner un procès que lorsqu’on proposait de l’argent au juge. Ainsi, entre 2012 et 2017, plusieurs dossiers ont été mal tranchés par la justice du fait de la corruption. Certains magistrats ont même été bouclés pour cela, quand feu Daniel Téssougué était le Procureur de la Cour général d’Appel de Bamako.
La crise a perduré et il y a eu plusieurs massacres dont Ogossogou, Sobane-Da, Boulkéssi, Mondoro, Diallasagou, etc. L’État était resté toujours faible et sans solution. Dan Na Ambassagou était toujours aux prises avec les terroristes. L’armée n’existait plus.
Après les deux coups d’Etat de 2020 et 2021, la situation a changé. L’armée a pris une posture de guerre. Et même là, les actions des militaires sont qualifiées de bavures par des individus de l’ethnie peulh, qui, à chaque fois citent des noms des terroristes éliminés au front ou dans des villages comme étant des citoyens normaux et non des terroristes. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le simple fait d’héberger un terroriste fait de quelqu’un un terroriste, selon le général Sidi Alassane Touré, ancien gouverneur de la région de Mopti. Il poursuit : « Celui qui collabore avec un terroriste est un terroriste. Celui nourri un terroriste est un terroriste. Celui qui informe un terroriste est un terroriste. Celui qui travaille avec un terroriste est un terroriste « , a déclaré le général Touré à Konna, en 2019.
Alors, Ali Nouhoum Diallo, le Général Ismaila Cissé, Maitre Alassane Barry, etc. sont des terroristes. À cause de leurs appuis, les terroristes ont fait des massacres. Il faut aussi noter que les agissements de Dogoukolo Bâ Konaré, le fils de l’ancien Président Alpha Oumar Konaré, laisse à croire qu’il est lié aux groupes terroristes. Pourquoi défend-t-il, bec et ongle, les terroristes ? Pourquoi est-il contre les actions de l’armée qu’il accuse de bavure? Pourquoi est-il libre de ses mouvements quand on sait qu’il utilise même des médias de la sous-région pour discréditer les actions de l’armée ? Là également, le gouvernement doit prendre ses responsabilités.
Ainsi, on peut affirmer sans risques de se tromper que la montée en puissance de l’armée a mis fin au processus de l’épuration ethnique, enclenché par certains responsables peulhs, en complicité un États partenaire. Leur objectif était connu : déstabiliser le Mali et mettre en place des systèmes d’accusation en se faisant passer pour des victimes. Mais ils font couramment massacrer leurs frères des villes et villages sans réussir leur mission. Si l’armée n’était pas opérationnelle aujourd’hui, les chasseurs Dogon et autres, en complicité avec L’État du Mali allaient se voir taxer d’un procès pour épuration ethnique contre l’ethnie peulh.
Aujourd’hui encore, la situation n’est pas totalement sous contrôle de l’armée car selon des sources bien informées, les terroristes sont cantonnés dans la zone allant de Toroli, Orossogou et Nougoussogou, à la frontière avec le Burkina Faso, jusqu’à Gan. Ils opèrent également depuis les localités de Madougou, Anayi, etc. Où ils volent du bétail et font le trafic à travers les différents marchés. Ainsi, avec la signature des accords de paix avec les terroristes, les chasseurs sont actuellement cantonnés dans le cercle de Koro. Mais les opérations militaires aéroterrestres sont en cours, selon plusieurs sources bien informées.
Ainsi, le Mali vient de très loin. La MINUSMA aussi a été d’un appui considérable dans le cadre de la Stabilisation à travers des actions d’appui au développement et de dons. La MINUSMA a beaucoup aidé l’armée dans certaines opérations aussi, nous rapportaient certains soldats, de retour des théâtres des opérations. Les actions de la MINUSMA ont beaucoup soutenu les populations car l’État a échoué dans ce sens. Sous IBK, si l’Etat était fort, le Mali n’allait pas tomber aussi bas. Mais aujourd’hui, s’il faut combler le trou des régimes passés et avancer sur de nouvelles bases, le colonel Assimi Goïta et son gouvernement ont du boulot. Surtout que les Maliens n’ont plus de patience. On le sait, la cohésion sociale n’était plus d’actualité. Aujourd’hui, avec les offensives militaires et l’échec du plan diabolique de certains leaders peulhs, le Mali va retrouver sa stabilité. Mais que le processus de DDR ne crée pas une autre brèche de conflit car au Mali, rien n’est fait comme prescrit dans les textes.
Ainsi, le Mali n’est pas le Rwanda.
« Na laara, an saara ».
Alfousseini Togo
Source : Le Canard de la Venise
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