Sous feu Ibrahim Boubacar Kéïta, le gouvernement avait mis en œuvre le Plan de sécurisation intégré des régions du Centre. Où est donc passé ce document et ses objectifs ambitieux ? Aujourd’hui, après la visite du Premier ministre avec une forte délégation dans la 5ème région pour lancer la Stratégie nationale de stabilisation des régions du centre, nous ne pouvons pas douter que ce document politique très ambitieux connaitra le même sort que le PSIRC, sauf si les autorités travaillent à mettre en place d’autres structures pour la réalisation de ce plan.
Du 16 au 18 Mars dernier, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga a effectué une visite de travail dans la région de Mopti. Au cours de cette visite, il a lancé la Stratégie nationale de sécurisation des régions du Centre. Il était accompagné par plusieurs ministres et l’ensemble des gouverneurs et Préfets des différentes régions concernées par le Plan national.
Ainsi, après les publicités autours du PSIRC, sous IBK, l’heure est à la Stratégie nationale de stabilisation des régions du Centre. Ce programme très ambitieux sur le papier regroupe les 5 régions du Centre : Ségou, San, Mopti, Bandiagara et Douentza. Le coût estimé pour la mise en œuvre de la stratégie est : 966,1 Milliards FCFA. Aujourd’hui, visiblement, tous les secteurs de la vie de la nation sont arrêtés compte tenu du manque de ressources financières de l’Etat. Certains ministères n’existent que de nom. Aujourd’hui, visitez les enceintes du ministère des Affaires Etrangères : vous sentirez la pauvreté du Mali. Les fleurs sont mal entretenues, le jet d’eau ne fonctionne plus, etc. Or, ce département est la porte d’entrée du Mali à partir de l’extérieur. La diplomatie ne doit pas connaitre autant la précarité.
En effet, pour la mise en œuvre de ce plan, l’Etat doit débourser plus de 900 Milliards FCFA. Cette somme, sans l’appui de certains partenaires, restera une écriture pour nos plus hautes autorités et pour les populations des régions du centre.
« Je n’ai aucune confiance en nos autorités dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme. A chaque fois, ils viennent faire la balade, et au cours de celle-ci, ils font des promesses qu’ils ne tiendront jamais. Aujourd’hui, l’Etat n’a rien. A peine, nos gouvernorats fonctionnent. Les collectivités ont été oubliées sur le plan financier et en matière d’appui au développement. Je me demande comment le gouvernement a pu se promoteur d’une telle fuite en avant. Nous demandons simplement la sécurité à travers la présence effective de l’armée. Cela est irréalisable. Maintenant, ils vont plus loin avec un document qui demande plus de moyens que ce dont nous aspirons. Pourquoi jouent-ils à cela ? », S’interroge un Maire de la région de Bandiagara, sous couvert d’anonymat.
« On s’en fout de leur papier. Il faut doter les chasseurs en armements adéquat et d’ici un mois, les terroristes seront bouter hors du Pays Dogon. Ces documents sont des futilités qui nous font perdre du temps pour rien. Le gouvernement doit arrêter de nous distraire. Nous voulons du concret », a déclaré David Tembiné, Chasseur au Pays Dogon.
Ainsi, ni les populations, ni les élus n’ont foi en ce document stratégique. Il faut donc arrêter de jouer à la politique de l’Autruche avec le peuple car ce sont les autorités qui pensent que le peuple ignore leurs objectifs. Or, dès le soubassement, les populations peuvent détecter des failles.
Ainsi donc, pour une mise en œuvre collégiale de ce document, le gouvernement doit créer des structures de gestion de la stratégie. Il faut y nommer et y affecter des personnes ou des personnalités intègres. La Direction nationale doit être basée dans une des régions concernée. Ils doivent avoir un budget autonome et ne doivent nullement dépendre des gouvernorats. Les personnels doivent être civils et militaires. Les autochtones doivent être privilégiés dans l’occupation des postes. Le budget de ces départements doit être rattaché directement à la Primature ou à la Présidence. Il faut aussi noter que la sécurisation doit être la première mission dans la mise en œuvre de ce plan national.
Si le gouvernement parvient à mettre en œuvre cette stratégie nationale, le peuple ne se plaindra plus jamais de l’absence de l’administration et/ou de l’armée. Après les discours, place au travail
« Na laara, an saara »
Alfousseini Togo
Source : Le Canard de la Venise
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