Selon Youssouf Kéita, chef de la section Animation socioculturelle à l’INA :
‘’Le premier animateur formé à l’INA est sorti en 1980. Tout ce qu’il a appris et tout ce qu’il sait faire n’ont pas encore évolué de nos jours’’
Pour Amadou Lougué, Directeur Général de l’INA :
’’Je voudrais demander aux plus hautes autorités plus d’attention sur l’INA, une école de formation artistique et culturelle par excellence qui a besoin de plus de moyens pour son développement et pour qu’elle soit plus en phase avec les réalités du moment ‘’
Ni certains contenus du programme de formation de l’Institut National des Arts, ni certaines filières ne sont à la page de l’évolution actuelle du Mali et du monde. C’est la raison pour laquelle, dans un entretien qu’ils nous ont accordé, Youssouf Kéïta, chef de la section Animation Socioculturelle et Amadou Lougué, Directeur de l’INA n’ont pas caché les réalités de leur institut. Si Youssouf Kéïta a interpellé l’actuel Directeur pour la rénovation de la section Animation socioculturelle, ce dernier (M. Lougué) a invité le gouvernement à plus d’attention.
Qui est Youssouf Kéita ?
Youssouf Kéita est Professeur d’Animations Socioculturelles et d’Initiation aux Sciences et aux Techniques à l’INA, chef de la section du même nom. Diplômé de l’INA, quand M. Keïta a passé à la Fonction publique, en 1999-2000, il a été affecté à l’INA pour assister les professeurs feu Lorry Traoré, feu Sada Sissoko et Birama Diakité, actuellement à la retraite. Professeur assistant au départ, c’est au fur et à mesure qu’il a pu prendre la relève. Il a été majeur de sa promotion et il lui a fallu deux ans pour être confirmé comme Professeur d’Animation Socioculturelle.
Youssouf Kéïta a bénéficié, en 2007, d’un congé de formation. C’est ce qui lui a permis d’étudier Histoire-Archéologie à la Faculté d’Histoire et de Géographie. Après cela, il s’est formé dans l’enseignement à l’ENSUP pendant deux ans. Là, il est sorti Professeur d’Histoire et de Géographie. Donc, à son retour à l’INA, il est Professeur d’Animation Socioculturelle, d’Initiation aux Sciences et d’Histoire et de Géographie.
Né le 23 Novembre 1970 à Bamako, M. Kéïta est marié à deux femmes. Il est également père de 5 enfants.
Qui est M. Amadou Lougué ?
Amadou Lougué est le Directeur Général de l’Institut National des Arts depuis fin 2018. Il est Professeur de Français de formation. M. Lougué a été très actif dans les mouvements associatifs et dans le milieu syndical. En tant que fonctionnaire de l’Etat, il a longtemps été syndicaliste. Le DG a même dirigé le Syndicat National des Travailleurs de l’Enseignement Secondaire (SYNTES). Il a aussi milité au sein de la Coordination Locale des Jeunes du cercle de Kati (CNJ niveau cercle), et dans plusieurs autres associations.
- Lougué est marié. Il est père de trois enfants. Agé de plus de la cinquantaine aujourd’hui.
Comment évolue l’INA sur les plans pédagogiques, animation, etc. depuis que vous êtes Professeur ?
- Youssouf Kéïta est sans équivoque : ‘’Nous sommes confrontés actuellement à des problèmes d’ordres pédagogiques et d’enseignement à l’INA en général et à la section Animation Socioculturelle en particulier. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul professeur titulaire de matière de spécialisation. Au niveau de la section Animation, il y a 5 matières de spécialisation dont l’Animation Socioculturelle, l’Initiation aux Sciences et Techniques, les Travaux Manuels, le Tourisme et l’Audiovisuel. Ce sont là nos matières de spécialisation ou des matières principales. Je suis le seul Professeur permanent spécialisé dans cette section. Dans toutes les autres matières, on a fait appel à des ressources venant de l’extérieur dont généralement des personnels qui ne sont pas enseignants. On le sait, ils ne peuvent pas enseigner comme des professeurs titulaires qui n’ont que l’enseignement comme travail. Ils ne sont pas non plus obligés d’exécuter tous les programmes comme par exemple les sorties avec les étudiants, etc. Ils sont considérés comme des vacataires et sont payés par heures supplémentaires. Au lieu qu’il y ait un professeur titulaire par matière principale, nous gérons cette situation ainsi. C’est le problème fondamental auquel nous sommes confrontés. Et ces Professeurs vacataires ne peuvent pas nous satisfaire car ils ont également d’autres obligations ailleurs. Donc, nous ne pouvons pas les utiliser en plein temps.
Le programme d’enseignement à l’INA est obsolète de façon générale. Ce programme que nous enseignons existe depuis la création de la section en 1976 et il n’a pas subi un profond changement. Le premier animateur formé à l’INA est sorti en 1980. Tout ce qu’il a appris et tout ce qu’il sait faire n’ont pas encore évolué de nos jours. Donc, on ne fait qu’enseigner ce qu’on enseignait depuis belle lurette. Nous formons des animateurs socioculturels depuis la création de la structure. Mais actuellement, ce besoin se fait très rare sur le marché de l’emploi. On a besoin actuellement d’animateurs de télévision, de radio, d’ONG, etc. Donc, vraiment, le programme enseigné à l’INA n’est plus adapté aux réalités de l’emploi au Mali. Nous devons d’ores et déjà travailler à adapter nos programmes aux réalités du moment car nous sommes une école d’enseignement professionnel’’.
Ainsi, malgré les insuffisances, les besoins réels de rénovation pour un renouveau certain, l’INA maintient le cap, selon le DG Amadou Lougué. Sur la question suivante : les programmes de l’INA ont-ils évolué, à chaque fois, selon les besoins du pays ? Le DG est on ne peut plus clair : ‘’Le programme officiel que nous avons actuellement date de 2006. On aurait dû relire ce programme conformément à l’évolution de la société et même du monde. Mais pour le moment, nous exécutons l’existant. Cependant, la relecture du programme est dans notre projet pour être beaucoup plus proche encore des réalités. Par exemple, en Animation socioculturelle, les techniques et autres ont connu beaucoup d’évolution. Nous voulons revoir tous les programmes pour être en phase avec les réalités, même si ceux dont nous disposons ne sont pas mauvais aussi. Il y a eu une révolution technique et technologique qu’il faut rattraper. Les animateurs socioculturels de chez nous doivent continuer leur parcours au Conservatoire où ils doivent faire Multimédia. Il leur faut une certaine base ici à l’INA pour pouvoir mieux s’intégrer. Donc, il faut intégrer, dans l’ensemble un certain nombre d’aspects pour être en phase avec l’évolution de la société’’, a-t-il fait savoir.
Ainsi, Youssouf Kéïta, un exécutant en charge d’une section est bien placé de nos jours pour évoquer les problèmes de sa section. C’est pourquoi, à travers ses interventions, on sent un homme qui est au four et au moulin.
En matière d’animation, qu’est-ce qui manque à votre structure ?
‘’Actuellement, les 95% de ce dont on a besoin n’existent plus ici. D’abord, en matière d’animation, les matières principales sont l’audiovisuel où les éléments formés sortent comme Cameramens, techniciens radio et télévision. Il y a plus d’une vingtaine d’années que nous avons abandonné ce programme à cause du fait que nous n’avons plus de laboratoire audiovisuel. Il n’y a plus aucun matériel technique avec lequel les étudiants peuvent apprendre à se perfectionner. Et aussi d’ailleurs, il n’y a pas également de professeur titulaire pour cela. Donc, c’est un vrai manque à gagner. Mais avec la nouvelle direction sous le leadership de M. Lougué, nous avons réussi à nouer des partenariats surtout avec l’Agence National de la Communication pour le Développement (ANCD), qui forme actuellement nos étudiants en fin de cycle. Ces étudiants sont pris en charge pendant trois mois pour un stage audiovisuel. Là, ils parviendront à combler tout le vide avec la pratique. Ils sont formés et en caméra et en animation.
Aussi, dans le domaine des travaux manuels, c’est ce programme qui permet aux animateurs de pouvoir gérer tout ce qui est enseignement avec les préscolaires, les scolaires dans le cycle fondamental. Là, nous formons les moniteurs ou monitrices des jardins d’enfants, etc. Ce programme concernait la 1ère année, la 2ème année et la 3ème année. Par la suite, on s’est limité à la 2ème année sur décision d’un séminaire qui a supprimé pour la 3ème année. Cela dénote du fait qu’il n’y a pas de ressources humaines pour cela, donc, il n’y a pas un professeur titulaire pour s’en occuper à plein temps depuis le décès de M. Adou Bah. C’est moi-même qui gère ce programme maintenant car j’ai été formé par feu Bah, même si je suis limité dans cette discipline. Les outils de travail indispensables pour cette discipline aussi viennent régulièrement en retard. Ainsi donc, l’exécution du programme ne peut être que théorique’’ ; dit-il avec beaucoup de vivacité.
Quelles sont les différentes activités artistiques et culturelles ponctuelles de l’INA ?
Youssouf Kéïta, toujours dans les secrets des dieux au sein de la structure nous détaille toutes les activités de la structure vitrine en matière d’enseignement culturel et artistique : ‘’Sur ce plan, nous avons une activité phare à l’INA, en dehors des sorties pédagogiques que nous organisons avec les étudiants qu’on appelle ‘’Les Jeudis de l’INA’’. Là, tous les étudiants démontrent leur savoir-faire appris lors d’un certain temps en pratique. Les musiciens ont pour rôle d’animer pendant la journée avec l’orchestre et toutes les autres entités de la section Musique. La section Art dramatique est chargée de proposer des sketchs et des pièces de théâtre. Quant à la section Arts Plastiques, les éléments sont chargés de faire des expositions des œuvres. Il faut aussi signaler que la section Animation a le rôle de l’organisation matérielle. Cette activité a lieu le premier Jeudi de chaque mois.
C’est en 3ème année que nous organisons un voyage d’études. Cela permet aux étudiants de se perfectionner car c’est la pratique qui sera toujours à l’ordre du jour lors des déplacements. L’essentiel des programmes de voyage est basé sur les visites des sites historiques et culturels de l’ensemble du territoire national. Mais généralement, nos moyens ne nous permettent pas d’aller loin. Nous avons très fréquemment visité les sites de Sikasso.
Aussi, à chaque fois qu’il y a des événements culturels à Bamako, on nous demande de déployer nos étudiants pour suivre le déroulé des choses’’, a-t-il fait savoir.
Pour l’innovation de la section Animation Socioculturelle de l’INA, que proposez-vous ?
‘’Il faut adapter le programme de formation à l’évolution du marché de l’emploi’’, a lancé M. Kéïta. Il poursuit : ‘’Nos étudiants sortants ne doivent plus avoir à faire de recyclage pour trouver de l’emploi. Il faut donc organiser un séminaire national regroupant tous les Hommes de Culture sur le programme de l’INA. Là, ils essayeront de sortir un programme en phase avec les réalités du moment. Il n’y a pas longtemps, il y a eu l’instauration de l’enseignement de la communication à l’INA. Désormais, les sortants de la section Animation Socioculturelles sont des Animateurs-communicateurs. Aussi, nous avons intérêt à instaurer des filières Animation-radio, Animation-télévision, etc. pour le besoin qui se fait sentir aujourd’hui avec la prolifération des radios et télévisions privées. D’ailleurs, les sortants de l’INA, même s’ils ne sont pas spécialisés dans ces secteurs-là se précipitent vers les radios et télévisions. Nous avons introduit l’étude de la communication, je pense que cela est une innovation. Il faut que la touche des décideurs suive.
J’interpelle donc la direction de l’INA de saisir qui de droit pour l’atteinte de nos objectifs de rénovation’’, affirme-t-il.
L’INA est la vitrine en matière d’enseignement artistique et culturel au Mali. Comment fonctionne cette structure ?
Le Directeur Général est sans ambigüité : ‘’L’INA est une vitrine en termes de formation artistique et culturelle. C’est la première école du genre de la sous-région, officiellement créée en 1963. Et d’ailleurs, beaucoup d’étudiant de certains pays voisins (le Niger, le Burkina Faso, etc.) y ont été formés. Mais présentement, nous n’avons pas ces nationalités parmi nous car ils ont leurs écoles d’Art aussi. Mais nous avons actuellement des Togolais et des étudiants d’autres pays. La structure reste ouverte à toutes les nationalités. L’INA est une école qui a formé beaucoup d’artistes (musiciens, plasticiens, dramaturges, animateurs, comédiens, etc.). Récemment, nos étudiants poursuivent leurs études au Conservatoire Multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM BFK) pour le cycle supérieur. Nous sommes en cycle secondaire ici à l’INA en Art Dramatique, Arts Plastiques, Métiers d’Art et Musique (les sections)’’, a affirmé Amadou Lougué.
Approximativement, quel est le nombre d’étudiants et le nombre de professeurs ?
‘’Cette année, nous avons 474 étudiants parmi lesquels il y a des professionnels (à peu près 90). Ces professionnels sont des fonctionnaires détenteurs du CAP et qui désirent continuer les études en Brevet de Technicien (BT). Mais comme l’INA est spécialisé en Art, même les détenteurs du Cap font le cycle complet (4 ans). Sinon, ordinairement, nous recrutons nos étudiants parmi les admis au DEF (les détenteurs du DEF des 3 années précédentes y compris ceux de l’année en cours). Les étudiants sont recrutés par concours direct (100 à 120 étudiants par an). Ce nombre est insignifiant car il y a des sections qui ne peuvent pas prendre beaucoup d’étudiants notamment la section Art Dramatique car il est difficile de suivre un effectif pléthorique sur scène. C’est la raison pour laquelle nous ne dépassons pas généralement 15 à 20 étudiants par an, au maximum’’, dit-il.
Concernant le nombre et la qualité des professeurs, il y a un sérieux problème : ‘’Concernent les professeurs, c’est là où nous avons des difficultés. Nous avons aujourd’hui comme permanents un nombre très insuffisant. Ces derniers temps, la Fonction Publique ne recrute pas les enseignants. Or, l’INA ne relève pas des Collectivités Territoriales. C’est pourquoi, nous avons des difficultés dans le recrutement des enseignants. La majorité des professeurs que nous avons sont des vacataires (soit des gens qui travaillaient à l’INA et qui sont actuellement à la retraite soit des gens qui viennent d’ailleurs notamment qui sont au compte du ministère de la Culture). Nous n’avons que quelques professeurs permanents, mais pas en nombre suffisant pour pouvoir faire fonctionner avec autonomie l’INA. Chaque année, nous exprimons les besoins, mais nos attentes ne sont pas satisfaites Tout se déroule normalement dans les différentes classes’’, a déclaré M. le Directeur.
Depuis votre nomination à la tête de cette structure, quelles sont les innovations que vous avez apportées ?
Amadou Lougué est un DG innovateur. ‘’Nous sommes en train de relire les textes de l’INA dans leur généralité. Cela concerne l’organisation, le fonctionnement, etc. Ce sont des décrets qu’il faut relire et revoir également le personnel. Ce processus est en cours. C’est d’ailleurs à partir de là qu’on pourra ouvrir la porte à beaucoup de changements, d’innovations, etc. car il est bon d’innover, mais il faut aller avec les textes.
Nous sommes en train aussi de faire revivre certaines pratiques qui étaient de coutume à l’INA, mais qui avaient disparu dont notamment la fête de la musique, le 21 Juin de chaque année. Nous organisons également des journées culturelles (chaque fin d’année) pour montrer à la population ce que nous faisons au cours de l’année. Ces journées sont aussi pédagogiques et elles permettent de montrer au grand public nos prouesses. Nous avons fait renaitre de ses cendres ‘’les Jeudis de l’INA’’ qu’on est en train d’essayer d’abord en bimensuel. Cela consiste à faire revivre tous les programmes vécus par les différentes sections en live dans les deux semaines ou même dans le mois. Les créations et les innovations sont toujours à l’ordre du jour. Donc, plus on avance dans le programme, plus on contrôle les étudiants. Cela permet de maintenir le cap du travail toujours bien fait. L’INA organise également des voyages d’étude que nous comptons restaurer très prochainement’’, a-t-il affirmé.
Sur le plan pédagogique (organisation des Concours, des examens de fin d’année…), quelles ont été les innovations de M. Lougué ?
‘’Chaque année, les moments de concours sont des moments de tension. Nous ne pouvons pas recruter au-delà du quota (100 à 120 étudiants), alors que nous avons généralement plus de 300 candidats à chaque session. Si nous recrutons plus, nous n’aurons pas les moyens de les encadrer. Nous sommes donc dans ces difficultés. Les gens ne sont pas contents quand ils sont recalés car ce n’est pas forcément parce qu’ils n’ont pas eu la moyenne, mais nous sommes obligés de rester dans le quota. En organisant les concours, nous pensons à la fois au nombre et à la qualité de formation. C’est ce qui me pousse à demander au gouvernement de nous donner plus de moyens pour qu’on parvienne à relever le quota car l’INA est unique au Mali. Et aussi, ceux-là que nous formons sont des ambassadeurs car un artiste parle de son pays dans d’autres pays. C’est la raison pour laquelle, il faut toujours mettre l’accent sur la qualité en termes de formation’’, selon Amadou Lougué.
Qu’en est-il des partenaires de l’INA ?
‘’Au niveau interne, nous collaborons avec le Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté. Il y a aussi l’UNESCO, l’Ambassade des Etats-Unis à travers i4africa, la Coopération Espagnole, la Coopération Danoise, l’Inde, etc.
A l’étranger, nous avons un partenariat d’assistance et d’accompagnement en termes de formation avec le Danemark. Il faut le rappeler, le Danemark est un partenaire très fiable.
Récemment, l’INA et le CAMM BFK ont signé une convention avec l’Ecole Nationale d’Art de Paris, par l’intermédiaire de l’UNESCO. Ce partenariat a été signé pour cinq ans. Il sera très bénéfique pour les trois parties. Il y sera question de mobilité et des professeurs et des étudiants (Maliens et Français), pour échanger des expériences en matière de pratiques artistiques, culturelles et pédagogiques’’, a dit le Directeur Général.
Quelles sont les perspectives de l’INA ?
‘’Tant qu’on ne relit pas les textes, il est difficile d’innover un établissement étatique, cela, pour être conforme aux réalités. La loi de création de l’INA date de 1963. Le décret de son statut est de 1978 ; c’est ce décret qui consacre les sections qui existent actuellement. Les réalités ont changé et la relecture des textes est une nécessité absolue. Nous devons élargir les sections dans les nouveaux textes car aujourd’hui, il est une nécessité de créer la section Danse. Elle existe au CAMM BFK en tant que Danse Contemporaine, donc, danses étrangères. Nous nous voulons créer la section Danses traditionnelles ou patrimoniales afin de donner une certaine base de développement aux danses de chez nous (les danses locales, nationales, etc.). Nous avons aussi en projet d’ouvrir la section Design car le métier de designer est très porteur et très important. Egalement, depuis 2019, un projet de délocalisation de l’INA est en cours, ferme volonté des autorités en charge de la Culture’’ dixit M. Lougué.
Concernant les insuffisances et les défaillances au sein de votre institut, vous interpellez qui ?
‘’Nous parlons d’une école étatique, donc, nous ne pouvons interpeller que l’Etat. Nous sommes une structure scolaire spécialisée. Ce que nous demandons peut paraitre considérable aux yeux des décideurs, mais l’art, la culture, etc., c’est aussi l’image du pays. Quand on veut vendre une bonne image du pays, il faut une bonne préparation de ceux qui la détiennent. Je pense qu’il n’y a pas mieux que les artistes pour relever l’image d’un pays dans le concert des Nations. C’est pourquoi nous demandons encore plus d’attention afin qu’on ait les moyens de notre politique’’, a martelé M. Lougué.
Développement et culture sont deux frères jumeaux. Selon vous, l’INA participe-t-il à hauteur au processus de développement du Mali ?
Selon le premier responsable de l’Institut, l’INA est au centre du processus de développement du Mali : ‘’La culture est l’âme du peuple. Pour que l’âme soit en paix, il faut un certain développement de la personne. L’INA contribue effectivement à cette formation. Pour développer l’Homme, il faut développer au préalable la culture. L’INA contribue au développement de l’Homme malien’’, a-t-il fait savoir.
Monsieur le Directeur, Quel appel lancez-vous aux autorités et à la population ?
‘’Je pense que le ministère en charge de la Culture met à la disposition de l’INA les moyens que l’Etat lui donne pour le bon fonctionnement de l’Institut. Donc, je demande au gouvernement plus d’attention sur l’INA, une école de formation artistique et culturelle par excellence qui a besoin de plus de moyens pour son développement et pour qu’elle soit en phase avec les réalités du moment. Notre Institut doit évoluer avec le temps. C’est la raison pour laquelle, la révision des textes est une nécessité absolue aujourd’hui’’.
Entretiens réalisés par Alfousseini Togo
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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