Le football malien traverse l’une des crises institutionnelles les plus profondes de son histoire récente. La Fédération malienne de football (Femafoot), déjà fragilisée par une gouvernance contestée, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un rejet populaire massif. Le symbole le plus frappant de cette faillite reste la situation de son président, incarcéré pour détournement avant même sa réélection. Cette réalité, lourde de sens, a définitivement entamé la crédibilité de l’instance dirigeante et terni l’image d’un sport qui, au Mali, dépasse largement le cadre du jeu pour incarner un facteur d’unité nationale.
La colère des supporters maliens s’explique aussi par un profond décalage entre les promesses affichées et les résultats obtenus. Les ambitions de finale et de consécration continentale qui ont nourri de grands espoirs se sont rapidement transformées en frustration. Le peuple, passionné et fidèle à son équipe nationale, a le sentiment d’avoir été trahi par une fédération davantage préoccupée par des arrangements internes que par la construction d’un projet sportif crédible.
Le soulèvement populaire contre la Femafoot marque un tournant décisif. La démission, ce mardi 13 janvier 2025, d’une dizaine des 19 membres de l’instance dirigeante illustre l’ampleur de la contestation et confirme l’effritement interne d’une fédération déjà fragilisée. Cette vague de départ apparaît moins comme un accident que comme la conséquence logique d’une gouvernance discréditée et incapable de répondre aux aspirations nationales.
Dans ce contexte, la dissolution de l’actuelle fédération s’impose dans les débats publics comme une nécessité. L’idée d’une reconstruction portée par des anciens internationaux de la génération dorée gagne du terrain. Des figures respectées comme Seydou Keita, Frederic Oumar Kanouté, Fousseini Diawara, Mamadou Lamine Sissoko dit Momo entre autres incarnent, aux yeux de nombreux observateurs, une légitimité morale et une compétence, fondées sur l’attachement au maillot et la connaissance des réalités du terrain. Toutefois, cette transition ne saurait se limiter à un simple changement de visages. Elle appelle un projet national structuré, tourné vers la transparence, la compétence et une vision à long terme.
Sur le plan sportif, les critiques visant l’entraîneur Tom Saintfiet illustrent également les dysfonctionnements de la fédération. Son approche jugée frileuse et ses choix tactiques contestés ont renforcé le sentiment d’une direction déconnectée du potentiel réel de l’effectif. À l’inverse, le cas d’Éric Sékou Chelle rappelle que tous les anciens sélectionneurs ne peuvent être tenus pour responsables des échecs actuels.
De toute façon, à la CAN Maroc 2025, Tom Saintfiet n’a pas fait mieux qu’Eric Chell. Avec une élimination en quarts de finale et zéro victoire, notre équipe nationale est tombée très bas.
Plus jamais ça !
Ibrahim Djittèye
Source : Le Canard de La Venise du 15 Janvier 2026
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