Qu’est-ce qu’ils n’endurent pas aujourd’hui ? Ces ex-enseignants de qualité de l’enseignement catholique ont de la peine à assurer le minimum possible dans leurs familles. Ils ne vivent plus. Ils sont endettés à un niveau impossible. C’est la raison pour laquelle, les décisions d’un Etat ne doivent pas être prises sous le coup des sentiments personnels. Jusqu’à nos jours, personne ne connait le sort réservé à ces braves hommes et femmes qui ont formé des milliers de Malien. D’ailleurs, selon des sources concordantes, la cotisation mensuelle de plusieurs enseignants ne serait pas à jour au niveau de l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS). Qui est coupable de détournement de ce fonds ? Et aujourd’hui, l’Etat qui a favorisé leur licenciement ne fait rien pour ces victimes. Plusieurs d’entre eux ayant dépassé l’âge de se présenter aux concours de la fonction publique (Etat et Collectivité), que vont-ils devenir alors ?
Monsieur Le Ministre de l’Education Nationale, « Plus d’Etats ont péri parce qu’on a violé les mœurs que parce qu’on a violé la loi ». Dr Amadou Sy Savané, pour l’intérêt supérieur de la Nation, que chaque citoyen soit mis dans son droit. Aujourd’hui, ce sont les ex-enseignants de l’enseignement catholique qui sont victimes d’une décision ‘’destructrice’’. Avez-vous besoin de fabriquer, tous les jours, des potentiels ‘’terroristes’’ avec vos décisions impopulaires ?
De toute façon, la caisse de l’Etat est différente de la poche de quelqu’un. Donc, mettez-les dans leur droit !
Nous vous proposons, in extenso, les aveux d’un asphyxié, sous le couvert d’anonymat.
« N’hésitez-pas ! Donnez-moi un coupable !
Ex-enseignant des écoles catholiques, je suis confronté à des bassesses.
- faute de manque de moyens, je ne peux pas emmener mon enfant à l’hôpital.
Qu’ai-je fait pour mériter un tel mépris ?
- faute de moyens, je travaille actuellement dans de domaines que je ne maîtrise pas et par conséquent, je perds plus que je ne gagne.
Qu’ai-je fait pour subir cette humiliation ?
- faute de moyens j’ai des pensées négatives dignes d’un mécréant.
Mais Dieu Merci, ma foi reste intacte et, avant de sombrer, Donnez-moi un coupable car il existe de plus Puissant que tous les êtres de la planète, il prendra ma défense.
Puisse qu’on veut coûte-que-coûte m’abattre, m’humilier, me briser, me couvrir de honte, me sacrifier injustement ou encore m’enterrer vivant, que le karma emporte ce coupable ou ces coupables car si ce ou ces coupables savaient ce que j’endure en ce moment, ils auraient réfléchi avant de me faire porter ce fardeau.
Et Dieu aime les endurants !
Que le Tout Puissant me pardonne car demander au Tout Puissant de rendre justice dans toute sa rigueur parce qu’on a été parmi les oppressés, est directement accepté par le bon Dieu car comme le prophète l’a dit, il n’y a pas de voile entre les ex-enseignants et le bon Dieu car nous sommes du monde des oppressés.
Certains de nos oppresseurs pensent avoir la conscience tranquille parce qu’ils nous ont donné deux, trois à six mois de salaire à titre de Droits et indemnités d’un licenciement provoqué et entériné par ses soins dans un protocole d’accord latent, et estiment que cela pallierai tout le mal qu’ils nous ont fait subir et surtout le mal qu’ils nous feront subir. Non! C’est juste un temps de répit pour qu’ils réalisent au final que la roue tourne. Et sincèrement, je ne souhaite pas cela car je sais ce que j’endure actuellement.
Nous ne sommes responsables d’aucune crise de confiance. Nous ne sommes en rien concernés par une quelconque gestion.
D’autre part, certains deviennent nos bourreaux car, comme on le dit souvent, quand l’or rate le moment où il doit être porté, il devient cuivre et perd sa valeur. Ainsi, le silence est coupable lorsque l’on observe un oppresseur oppresser l’opprimé et que l’on s’abstient d’agir surtout lorsqu’on reste la source de l’oppression.
Nous aimons tous ce Mali en paix, mais cette paix ne peut être consolidée dans l’injustice.
Que nos bourreaux comprennent que notre garant est plus Puissant que le monde entier.
Alors, camarades, Donnez-moi un coupable ! Et au nom de tous les oppressés, je demanderai au « Bien » d’agir pour le bien ! Mais avant, que nos bourreaux se posent la question suivante : sont-ils en train de faire du bien aux enseignants qui ont tant donné de leur peine pour eux et pour la nation ? Car je me rappelle comme si c’était hier, j’ai encore les séquelles des nuits blanches que je passais en train de corriger les copies de mes apprenants parmi lesquels certains ont pu me rendre fier en devenant ce que je n’ai pas pu être ».
Alfousseini TOGO
En savoir plus sur Venise Mali
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
