L’ancien premier ministre Choguel Kokalla Maïga, limogé fin novembre 2024 par le Président de la transition, a affirmé le samedi, 22 Février 2025, lors d’une conférence de presse, que la rupture était «consommée» entre le M5-RFP et le pouvoir en place.
Choguel est l’une des figures du Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5/RFP) qui avait pris part à la contestation contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, finalement renversé par les militaires en août 2020.
Il avait été nommé premier ministre par les militaires après un second coup d’État en 2021, avant d’être limogé le 20 novembre dernier après des critiques contre le pouvoir du général Assimi Goïta. Choguel Kokalla Maïga a depuis été remplacé par le général Abdoulaye Maïga.
Par cet acte, le pouvoir a sonné «définitivement le glas du pacte d’honneur du 24 mai 2021 entre le M5-RFP et les militaires », a-t-il déclaré samedi, lors d’une longue conférence de presse.
Il a notamment invoqué des «arrestations» et «détentions extrajudiciaires» contre des membres du M5-RFP, mais également sa mise en écart par les militaires de la prise de décisions concernant plusieurs sujets comme le maintien du général Assimi au pouvoir, la nomination de certains responsables relevant de sa tutelle, l’élaboration des budgets annuels, etc.
Il a dénoncé «une sorte de spectre de confusion et d’amalgame» qui plane désormais sur le pouvoir, avec de véritables et graves risques de remises en cause des acquis.
L’ex-premier ministre a par ailleurs appelé les militaires à «créer les conditions sécuritaires pour la tenue de scrutins crédibles et apaisés, en y associant les forces politiques et sociales».
Elle a réduit au silence l’opposition par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires, les dissolutions d’organisations, les restrictions à la liberté de la presse et la pression du discours dominant sur la nécessité de faire corps autour d’elle face à une multitude de défis. Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise économique et sécuritaire nourrie notamment par les violences djihadistes et des groupes criminels communautaires.
L’ancien Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga a fait ainsi une sortie honteuse. L’instigateur des systèmes comme la rectification, le changement de paradigme ou encore la clarification n’est-il pas mal placé pour proférer des critiques contre le pouvoir en place, dont il est lui-même le concepteur idéologique ? N’a-t-il pas honte de s’ériger contre un système qu’il a créé pour les militaires afin de se maintenir, avec eux, au pouvoir, pour longtemps ? N’est-ce pas lui-même qui a fait dévier les militaires de leur trajectoire initiale ?
Ses agissements prouvent à suffisance qu’il est loin d’être l’homme d’Etat qu’il était censé être. Aussi, pendant qu’il était encore Premier ministre, chef du Gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga était le « Garanké Mamou » du régime. Il lui arrivait même très souvent de légitimer les fautes, les erreurs et les tâtonnements du pouvoir. On le sait, même ses collaborateurs du M5-RFP l’ont lâché parce qu’il avait dévié de sa trajectoire véridique au profit de la manipulation du régime. C’est étant rejeté que nous découvrons un opposant de plus. Allez dire à Choguel que les 24 heures de l’opposition sont passées et qu’on est à la 25ème heure (néant).
Cette nouvelle sortie de l’ancien Premier ministre montre encore, à suffisance, la division qui règne au sommet de l’Etat. Il serait donc le porte-parole d’un clan. Ainsi, avec la crise sécuritaire que notre pays traverse et qui prend, au jour le jour, une nouvelle forme, est-il souhaitable qu’une nouvelle crise politique éclaté ? Il faut sauver le soldat Choguel car on ne peut pas être contre soi-même.
Alfousseini TOGO
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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