Réunis à Bamako les 22 et 23 février, une vingtaine de ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont dits prêts à entamer des discussions avec la Cedeao. Les trois pays, qui sont officiellement sortis de l’organisation en janvier 2025, assurent privilégier « l’intérêt supérieur des populations ». Enfin, aujourd’hui, les dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso pensent à l’intérêt supérieur des populations. Pourquoi ces mêmes peuples n’ont-ils pas été consultés dans la prise de décision du retrait de nos Etats de l’organisation sous régionale la plus efficace ?
La Confédération des États du Sahel (AES) ouvre la porte au dialogue avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Les 22 et 23 février, une vingtaine de ministres burkinabè, maliens et nigériens, réunis à Bamako, ont réaffirmé leur engagement à entamer des discussions avec l’organisation sous régionale, dont ils étaient sortis le 29 janvier 2025 dans un climat tendu.
Faut-il rappeler que le Président de la transition du Mali, le général Assimi Goïta a traité la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’ « organisation terroriste » ? Nos Etats ne pouvaient-ils pas demeurer en force dans la CEDEAO, puisqu’ayant les mêmes idéologies ? Pourquoi les populations n’ont-elles pas été consultées, avant la sortie définitive de nos Etat de la CEDEAO ?
Il est évident que la sortie de nos Etats de la CEDEAO mettra sérieusement la pression sur les populations, qui sont habituées à la libre circulation et aux méthodes douanières préétablies. Mais avec cette nouvelle donne, les Hommes d’affaires des Etats du Sahel vont-ils gagner plus ou souffrir ?
Quand on sait que le Mali, le Niger et le Burkina Faso constituaient les plus faibles économies de l’espace CEDEAO, il est clair que ce sont les populations du Sahel qui souffriront plus de la rupture.
Ainsi, c’est celui qui demande à négocier aussi qui est faible. Donc, nous devons partir avec l’hypothèse selon laquelle la CEDEAO va dicter ses lois aux représentants de l’AES, qui les accepteront car la décision du retrait de nos Etat de l’organisation sous régionale était une erreur fatale.
Si la création de l’AES a été salutaire dans la gestion de la crise sécuritaire pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso, concernant d’autres domaines, ce résultat n’est pas encore visible car les trois Etats du Sahel ont leurs politiques et visions propres de gouvernance. Ainsi, au Mali, l’on n’acceptera jamais d’attribuer Assimi Goïta le titre de « Président de la République », contrairement au Burkina Faso.
Une feuille de route a été validée pour structurer les futures négociations avec la CEDEAO, mettant l’accent sur une approche pragmatique et concertée afin de protéger les intérêts des populations concernées.
Dans la résolution finale des travaux, les chefs d’Etats des trois pays ont réaffirmé leur attachement aux principes de fraternité, de solidarité et de coopération avec les États de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont souligné l’importance de faciliter la libre circulation des ressortissants de la CEDEAO à l’intérieur de l’espace AES, marquant ainsi une volonté de maintenir des liens historiques entre les peuples malgré les défis politiques actuels.
Pourquoi a-t-il fallu une saignée économique dans les trois Etats du Sahel pour que les dirigeants pensent à l’intérêt supérieur des populations ?
Diriger, c’est prévoir. Le mode de navigation aérienne « pilotage à vue » est révolu. Ce sont les idées qui construisent les nations et non le cœur. Alors, nous comprenons maintenant aisément que les règles d’achat des armements et de recrutements dans l’espace CEDEAO ont été établies pour permettre le développement dans un minimum de sécurité. Nous comprenons aussi que sans les élections, l’exercice de la démocratie est impossible et les peuples se retrouveront toujours dans une spirale de peur. Aujourd’hui, il n’y a plus d’opposition dans l’espace AES car les armes ont horreur des critiques. Et, selon nos dirigeants, nous sommes toujours dans la démocratie.
Chers Présidents Assimi Goïta, Abdourahamane Tiani et Ibrahim Traoré, organisez les élections et sortez-nous de ces transitions interminables et inopportunes. Pour Donald Trump, vous êtes comme « des braqueurs de boutiques » car vous « braquez les institutions » et, la suite est connue.
A quand la fin de la crise généralisée au Mali, au Niger et au Burkina Faso, quand on sait que le monde entier traverse les mêmes épreuves ?
Aussi, la création d’une confédération ne doit pas se faire au pas de course. C’est tout un processus qui doit être réfléchi et adopter progressivement. Mais dans notre cas, la façon dont les choses pleuvent, nous ne devons pas être surpris quand tout sera remis en cause, un jour. Il y a la question du passeport AES qui est déjà disponible et en expérimentation ; il y a la question d’un visa commun qui est en expérimentation accélérée ; il y a la question de création d’une Banque Centrale d’investissement dont le processus est en cours ; il y a la question de la création d’une armée AES, qui est en cours aussi ; Quand est-il de la monnaie commune de l’AES, qui est sur toutes les lèvres officieuses ? En tout cas, après le départ de nos Etats de la CEDEAO, si nous quittons l’
Attention à la démarche accélérée qui peut nous coûter cher, à l’avenir. Il ne faut pas aller à l’aveuglette dans la construction d’une union. Il faut toujours penser à expérimenter les différents aspects dans nos universités d’abord. D’ailleurs, ce n’est que ce système qui fait la différence entre les pays occidentaux et les nôtres. C’est aussi pourquoi, dans le Sahel, tout est fragile.
« Na laara, an saara »
Alfousseini TOGO
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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