Pendant cette transitoire, plusieurs dossiers brûlants ont été ouverts et des personnalités ont été arrêté. Cela constitue une avancée notoire dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Mais pour le cas de l’armée, fait-il laisser la justice investiguer dans des dossiers classés secret-défense sans aucune restriction ? Faut-il juger les généraux, les Colonels, les ministres, etc. et dévoiler au grand jour les secrets d’Etat?
Attention au piège !
L’armée est appelée « la grande muette » pour des raisons évidentes. Un Etat fort se base sur une armée puissante pour s’imposer. On le sait, la refondation de l’armée a commencé sous le Président feu Ibrahim Boubacar Kéita, qui avait adopté la loi d’orientation et de Programmation Militaire, où il attribuait à l’armée 27 pourcent du budget national. À cela il fallait ajouter les difficultés liées à l’approvisionnement de l’armée en matériels et en munitions compte tenu du fait que le pays était en état de guerre à cause de la rébellion touarègue au Nord et au phénomène terroriste. Les partenaires du Mali étaient sceptiques à l’idée de laisser le Mali armer son appareil militaire, craignant des massacres contre les rebelles du Nord. Donc, le gouvernement, en complicité avec des officiers devais tout mettre en œuvre pour assurer le minimum de matériels et d’armements pour les militaires au front. Ainsi, plusieurs stratégies d’acquisition entrent en jeu et tous les moyens sont bons pour que les militaires soient sécurisés au front. Il n’y a jamais de corruption dans l’armée car dans aucune armée au monde, l’on ne décrit au grand public les méthodes d’acquisition des armements. Même aujourd’hui avec les autorités actuelles au Mali, ces informations sont classées secrètes pour des raisons évidentes. Quand les choses ne se passent pas à la normale, il faut les laisser dans les secrets des Dieux. L’armée malienne est aujourd’hui à la croisée des chemins et on peut dire que les réformes de l’armée ont commencé sous IBK.
S’il faut interpeller et mettre sous mandat de dépôt les anciens dirigeants des instances militaires pour des cas de corruption et de délinquance financière, dont les audiences n’auront jamais lieu pour des raisons de principe, il faut alors respecter ces principes dès le départ. L’armée et les renseignements doivent rester en dehors des harcèlements de la justice et les autorités de la transition doivent rendre l’appareil militaire invulnérable. C’est aussi cela la refondation.
On a souvent entendu les dossiers d’achat de chaussettes, d’avions, de blindés surfacturés. Mais comment ces marchés ont été ficelés ? S’agissait-t-il de ces matériels uniquement ou d’autres aspects non signalés rentraient en jeu? Je ne suis pas dans les secrets des Dieux.
Une nation puissante ne se repose sur une armée républicaine dont les chefs commandent sans avoir à se gratter la tête devant ses subordonnés pour des cas d’enquêtes judiciaires ou des cas de poursuite.
La plus puissante armée au monde évolue dans le secret. Donc, le secret est un élément essentiel pour la refondation de l’armée malienne.
On voit aujourd’hui que les civils et les militaires sont tous au même niveau d’information concernant l’évolution de l’armée. Cela est très grave. Les bambaras disent « C’est étant caché que le serpent devient puissant « . Alors, protégeons notre armée avec notre silence car trop de communication tue les efforts avant le résultat.
« Na laara, an saara »
Alfousseini TOGO
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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