L’accord pour la paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, qui avait été signé le 15 Mai 2015 sans les représentants du MNLA, et le 20 Juin, par ces dernier après l’ajout des annexes compromettantes avait rendu le Mali ingouvernable sous l’ancien Président Ibrahim Boubacar Kéita. D’ailleurs, n’y avait-il pas deux Mali ? Tous les problèmes liés à l’application de cet accord ont été soutenus par la MINUSMA, qui garantissait la sécurité des rebelles, désormais terroristes. Le Mali était pris en otage par la Communauté Internationale avec comme chef d’orchestre : la France.
Les raisons évoquées par le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga sont valables et largement incitatives de la prise de cette décision que tous les Maliens attendaient avec impatience. Ainsi, parmi ces faits graves, on peut noter : « le changement de posture de certains groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, devenus des acteurs terroristes et poursuivis par la justice malienne, après avoir commis et revendiquer des actes terroristes », d’après le communiqué lu par le Porte-parole du gouvernement. Les autres faits sont entre autres : « L’incapacité de la médiation internationale à assurer le respect des obligations incombant aux groupes armés signataires, malgré les plaintes formulées par le gouvernement de la transition, à travers la lettre formulée par le ministre de la Réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, en date du 24 Février 2023, adressée aux autorités de la République Algérienne Démocratique et Populaire, chef de file de la médiation internationale » ; « les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’Accord de la part des autorités Algériennes dont le pays est le chef de file de la médiation, tels que mentionnés dans le communiqué N°064 du 25 Janvier 2024 du gouvernement de la transition.
Tous ces aspects ont conduit les autorités de la transition à la conclusion suivante : l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali n’est pas applicable. Et par conséquent, le gouvernement a annoncé sa fin avec effet immédiat.
Cet accord avait suscité beaucoup d’espoir au moment des négociations et de sa signature. Ainsi, le Mali était pris en otage et par quelques individus et par la France et même par le reste de la Communauté Internationale.
C’est pour cela que votre hebdomadaire, Le Canard de la Venise a toujours soutenu la dénonciation de cet accord, de sa signature, le 15 Mai 2015 à sa dénonciation par le gouvernement de la transition, le 25 Janvier 2024.
Ainsi, du Pacte national à l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale en passant par les Accords de Ouagadougou, les Accords de Tamanrasset, la durée de vie d’un accord concernant surtout le Nord du Mali est a toujours été éphémère.
Concernant le cas de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, il faut reconnaitre qu’il a été signé dans un contexte où le Mali était déjà anéanti par les trahisons internes et externes. L’armée était affaiblie par plusieurs années d’inertie des différents régimes ; les autorités politiques étaient des béni oui-oui d’une puissance colonisatrice ; la voix du Mali était portée par la France. C’est dans ces conditions que sous Amadou Toumani Touré, le Mali était vulnérable après la chute de Mu’Ammar El-Kaddhafi. C’est ainsi que le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad a pris de l’ascension politiquement et militairement avec le soutien des éléments venus de la Lybie et de la France. Depuis lors, la prise en otage de notre pays a commencé.
La situation la plus étonnante, ce sont les acrobaties des autorités algériennes de l’époque, auprès des autorités Françaises pour avoir le rôle de Chef de file de la médiation dans notre crise, alors que le Président de l’époque feu Ibrahim Boubacar Kéita s’était tourné vers le Maroc.
On le sait, depuis sa signature, cet accord était inapplicable. C’était seulement un document qui permettait au gouvernement de montrer sa bonne volonté et de pousser les parties signataires à reconnaitre l’autorité de l’Etat. Mais cette situation n’a rien servi car il existait toujours deux Etats. Le gouvernement ne pouvait rien entreprendre à Kidal, Ber, Aguel-hoc, Anéfis, Tessalit, etc. sans l’accord des ‘’rebelles’’ au vu et au su de l’ensemble de la Communauté Internationale.
Ainsi, le plan des autorités de la transition a bien fonctionné. Il fallait neutraliser d’abord les ennemis déguisés en amis : la France, la MINUSMA, le EUTM. Ensuite, agir militairement et politiquement pour reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire national. D’après le ministre de la Réconciliation nationale, de la paix et de la cohésion sociale, chargé de l’accord pour la paix et la réconciliation, le colonel Ismaël Wagué, seul le dialogue direct inter-Maliens compte aujourd’hui. Ainsi donc, la prise d’otage du Mali qui aura duré une décennie vient de prendre fin. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que le Mali appartient aux Maliens. Désormais, les problèmes du Mali seront réglés au Mali.
Plus jamais ça !
Alfousseini Togo
Source : LE CANARD DE LA VENISE
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