Si la recherche scientifique est inévitable dans biens de domaines et constitue la clé du développement, au Mali, ce secteur reste à la traine. Le gouvernement ne valorise pas ce domaine qui nécessite beaucoup de financement et des structures adéquats. N’est-ce pas pourquoi le secteur de l’archéologie, de la médecine et de toutes les autres sciences sont à la traîne au Mali, malgré la richesse de notre pays en sites archéologiques, en végétations médicinales, etc. ? Ainsi, il est étonnant que, de nos jours, il n’y ait pas de laboratoire de datation des vestiges au Mali. Aussi, la volonté des seuls acteurs peut-elle suffire à faire avancer ce secteur ?
En effet, l’état de nos universités montre à suffisance l’insouciance des plus hautes autorités, dans l’amélioration des conditions d’étude. Tout manque, sauf l’effectif. Ainsi, même les tables bancs sont insuffisantes dans certaines structures universitaires. Des professeurs à la retraite semblent indispensables dans le système universitaire. Pourquoi sont-ils irremplaçables ? Le pire, c’est la course derrière les heures supplémentaire, même si les heures normales ne sont pas épuisées. Ne faut-il pas refonder notre système d’enseignement supérieur pour un résultat plus acceptable ? Concernant le mode d’inscription, ne faut-il pas y mettre plus de rigueur afin de contrôler les effectifs ? De toute façon, la crise d’infrastructures, dans ce secteur demeure une situation normale.
Aussi, si les étudiants à l’université constituent les nouveaux chercheurs alors qu’ils épuisent leur licence sans lire un seul livre et souvent, sans faire un seul voyage d’étude, l’espoir n’est vraiment pas permis. Par manque de moyens, rarement, les professeurs à l’université font des publications de livre. Les recherches sont le dernier souci du gouvernement, malgré les propagandes politiques qui font croire que le Mali est au sommet dans ce domaine.
Les structures de recherche comme les différentes universités, l’Institut des Sciences Humaines, la Direction Nationale du Patrimoine Culturel (DNPC), l’Institut National de Recherches en Sciences de la Santé (l’INRS), le Musée National et les Musées locaux, les différents Centres de santé universitaires (CHU), le Laboratoire National des Eaux, le Laboratoire Central Vétérinaire, etc. ont toujours manqué de moyens pour assurer pleinement leurs missions.
Concernant, par exemple le secteur de l’archéologie, le Mali étant un pays historiquement riche, devait avoir une politique dynamique de recherches archéologiques afin d’imposer à l’humanité, une histoire exacte du peuplement de notre pays. Mais la volonté politique ayant toujours eu raison sur la volonté des archéologues, nous assistons quotidiennement à des catastrophes comme le morcellement des sites archéologiques, par le fait de l’urbanisation ; la destruction des témoignages importants de notre histoire, comme à Magnambougou, à Djenné, etc. D’ailleurs, le pillage des sites n’a jamais cessé, puisque jamais combattu par les autorités.
Ainsi, pour que le Mali se développe avec ses réalités, il faut une prise en compte des recherches scientifiques.
Sur le plan sanitaire, des médicaments continuent à ôter la vie aux malades. Certaines maladies demeurent inconnues. Si le domaine des recherches scientifiques étaient développé, la situation allait être tout autre.
D’ailleurs, la Coordination des Syndicats de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (CSEC) a lancé un mouvement de grève de 144 heures allant du Lundi 27 Janvier au Samedi 1er Février 2025. Cette grève d’une semaine (déjà en cours), est décrétée pour réclamer à cause de « la mauvaise volonté du gouvernement à donner un contenu à la prime de recherche notifiée par le décret N°2017-0850/P-RM portant modalité d’application de l’Ordonnance N°2017-036/P-RM portant statut des enseignants-chercheurs du Mali.
Aussi, depuis 2017, d’après le décret, la prime de recherche est un droit. Donc, il est évident que les enseignants-chercheurs la réclame par tous les moyens possibles.
Alfousseini TOGO
Source : LE CANARD DE LA VENISE
En savoir plus sur Venise Mali
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
