Pour le bonheur des populations du Mali, du Niger et du Burkina Faso, il ne faut pas quitter la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il y a toujours une solution après les pourparlers. Il faut donc se conformer aux exigences et aux principes de la communauté et lutter en son sein pour mettre fin à la mainmise des puissances Européennes sur cette organisation Ouest-Africaine.
A en croire le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop, la décision de départ des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel de la CEDEAO est irrévocable. Mais les balises de la création d’une fédération entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont-elles bien structurées pour l’heure ?
En effet, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a été créée pour favoriser la fluidité économique et financière entre les Etats de l’Afrique de l’Ouest à travers les échanges commerciaux, la libre circulation des personnes et des Biens, etc. Par la suite, l’organisation s’est intéressée au volet politique et les textes ont été révisés dans ce sens car pour une stabilité économique normale, il faut une stabilité politique certaine.
C’est ainsi que la CEDEAO a noué aussi des partenariats avec certaines puissances afin de trouver des stratégies de financement de certains programmes d’envergure dans ses pays membres. C’est ce qui fait que la France s’est imposée comme l’un des partenaires stratégiques de la communauté.
Ainsi, depuis l’embargo contre le Mali en 2022, infligé par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui, selon les autorités malienne est une violation des textes de l’institution, le régime au pouvoir a commencé son retrait des instances de l’organisation. Aussi, il faut savoir qu’un coup d’Etat fragilise les pays et en même temps les organisations qui le favorisent. C’est la raison pour laquelle, sous la direction du Président Ivoirien Alassane Ouattara, la CEDEAO a tout mis en œuvre pour le retour à l’ordre constitutionnelle au Mali. Par la suite, la situation s’est aggravée avec les coups d’Etat au Burkina Faso et au Niger. Elle est devenue ainsi intenable.
En effet, avec trois pays frontaliers dirigés par des militaires qui ne veulent pas organiser les élections dans les délais convenus avec la CEDEAO, il faut se serrer les coudes pour ne pas risquer de tomber l’un après l’autre. C’est dans cette dynamique que les Chefs d’Etats Assimi Goïta et Ibrahim Traoré et le Président du CNSP le Général de Brigade Abdourahamane Tchiani ont mis en place cette alliance dénommée « Alliance des Etats du Sahel ». Elle se fait appelée présentement la « Confédération des Etats du Sahel ».
Les trois pays de l’AES sont parmi les derniers dans l’espace CEDEAO. Une union sacrée entre eux est-il envisageable compte tenu de leur histoire récente de guerre et autres ?
En effet, le Burkina Faso et le Mali se sont affrontés deux fois (1974 et 1985). Les séquelles de ces deux guerres existent encore. Il y a toujours une rivalité farouche entre ces deux Etat concernant tous les aspects (développement, sport, défense, etc.). Avec cet esprit de concurrence tous azimuts, faut-il croire en une fédération solide et fiable avec le Burkina Faso ? Et les blindés Maliens qui sont exposés sur la route de l’aéroport de Ouagadougou avec le drapeau Malien ? Ces faux butins de guerre seront-ils rendus aux autorités maliennes par le Capitaine Ibrahim Traoré ?
Avec le Niger, il y a une question de paternalisme concernant certaines parties du Nord du Mali. Des conflits ont été évités de justesse. Aussi, la déstabilisation du Nord du Mali, à certaines périodes, d’après des sources, le Niger voulait en tirer profit. Des militaires maliens auraient même été arrêtés et emprisonnés au Niger.
Pour la construction d’une Fédération entre ces trois Etats, il faut balayer ces aspects de l’histoire.
Ainsi, les dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso doivent arrêter les discours et faire face à la réalité. Nos trois Etats s’enfoncent dans la pauvreté et l’incertitude. La dette extérieure est énorme et nos Etats ne parviennent plus à trouver du crédit vis-à-vis des institutions financières internationales et même auprès des Etats. La dette intérieure devient insupportable. Faut-il se retirer de la CEDEAO pour continuer à solliciter les peuples à être résilients face à la crise ? On le sait, une transition ne peut pas développer un Etat. Elle pose les balises du changement pour un régime élu qui peut parachever les actions déjà amorcées.
Au Tchad, Mahamat Idriss Déby s’est légitimé en organisant la présidentielle et en se présentant comme candidat d’un parti. Aujourd’hui, il est reconnu par toutes les organisations. Pourquoi le Général d’Armée Assimi Goïta, le Capitaine Ibrahim Traoré et le Général de Brigade Abdourahamane Tchiani ont-ils peur d’organiser les élections, même en étant candidats ?
On le sait, c’est le seul point qui les éloigne de la vision de leurs pairs de la CEDEAO.
Alfousseini Togo
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