Lors de son adresse à la nation, en vue du nouvel an, le 31 Décembre 2023, le Président de la transition, le colonel Assimi Goïta a émis l’idée de la reprise des pourparlers inter-Maliens. Cette fois-ci, il s’agira d’un dialogue direct entre les Maliens, sans aucune interférence extérieure. Donc, l’application de l’Accord pour la paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger ne sera une réalité que dans les rêves des comploteurs. Ainsi, le gouvernement Malien a réussi à détecter et à détruire les pièges de cet accord qui a, durant huit ans, déstabilisé notre pays. Ces pièges ne sont entre autres que ses nombreuses interférences extérieures et la faiblesse d’antan de l’appareil militaire. Est-ce cela qui a provoqué la crise diplomatique actuelle avec l’Algérie ?
« L’unité nationale et le vivre-ensemble constituant le socle sur lequel nous devrions bâtir toutes les actions pérennes de développement. Nous sommes à une étape charnière de l’avancée de notre pays vers la paix, la sécurité et le développement. C’est pourquoi, capitalisant les avancées réalisées dans le cadre du processus de paix, et tirant les enseignements des défis qui subsistent, j’ai pris l’option de privilégier l’appropriation nationale du processus de paix, en donnant toutes ses chances à un dialogue direct inter-Maliens pour la paix et la réconciliation, afin d’éliminer les racines des conflits communautaires et intercommunautaires. Cette décision, que nous avions déjà partagée avec les différents acteurs nationaux et internationaux concernés de l’entame du retrait de la Minusma, exige de nous, Maliens et Maliennes, que nous nous donnions la main, afin de réconcilier notre pays et assurer la cohésion nationale. D’ores et déjà, je tiens à souligner que l’unicité, la laïcité de l’Etat et l’intégrité du territoire ne feront pas partie des sujets de discussion ainsi que les trois principes qui sous-tendent l’action publique du Mali. Il s’agit en effet de créer les conditions pour que chaque Maliennes et chaque Maliens puissent s’épanouir dans un environnement marqué par la confiance retrouvée entre les communautés sous la protection de l’Etat. Un comité chargé de piloter ce dialogue sera mis en place dans un délai d’un mois et devra déposer son rapport au plus tard en Février. Cependant, la lutte contre les groupes armés terroristes se poursuivra jusqu’à la pacification totale du pays. Sur aucune portion du territoire national, il ne devrait y avoir de la place pour ceux qui ont décidé d’atteindre à nos terres et à la vie de nos populations », a déclaré le colonel Assimi Goïta, Président de la transition, chef de l’Etat.
Un discours responsable, prononcé à une période cruciale de la vie de la nation. Ainsi, l’on comprend aisément que les autorités de la transition comptent jouer la loi de la supériorité de l’Etat sur des groupuscules de nuisance, sans jamais céder à la pression de la communauté internationale et des autres partenaires extérieurs.
Il fallait aussi se mettre à l’évidence que le fait de lier cet accord aux différentes organisations internationales et aux puissances constitue une prise en otage de notre pays. Ainsi, l’accord d’Alger était lié à plusieurs organisations comme l’ONU, l’UA, la CEDEAO, l’UEMOA, l’Union Européenne, la France, l’Algérie, les groupes signataires, le gouvernement malien, etc. Certains partenaires avaient pour rôle d’affaiblir l’Etat, à travers son armée, pour maintenir le flou et la supériorité des groupes terroristes sur le Mali. Conscient de tout cela, le régime de l’ancien Président Ibrahim Boubacar Kéïta laissait le reste du monde malmener notre nation. Les garde-fous qui faisaient du Mali une partie et quelques terroristes aussi une partie est une insulte vis-à-vis de la nation malienne.
Depuis la prise du pouvoir par le colonel Assimi Goïta, on pouvait s’attendre à de telles décisions car les événements qui se sont succédé témoignent des réalités d’aujourd’hui.
Ainsi, du départ de la force Barkhane à celui de l’ambassadeur français, les actions concrètes ne faisaient que commencer. Et courant 2023, le départ de la Minusma, sur la demande du gouvernement malien, suivi du retrait du Mali du Comité de suivi de l’accord d’Alger ont parachevé la volonté de la reconquête de l’ensemble du territoire national, y compris Kidal. Si la prise de Kidal a failli polluer l’atmosphère diplomatique entre le Mali et l’Algérie, avec qui l’accueille de certains leaders terroristes pour une réunion sur l’application de l’accord d’Alger. Le gouvernement malien a réagi de façon responsable et s’en est suivi les rappels des ambassadeurs. Pourquoi vouloir sauver un accord déjà enterré ? Même si l’ambassadeur d’Algérie au Mali est de retour à Bamako, il est évident que les deux pays se regardent en chiens de faïence. Aussi, pourquoi l’imam Mahmoud Dicko s’est vu impliqué dans une affaire de haute trahison à Alger ? Est-il de bonne foi avec son peuple et les autorités de la transition ?
Ainsi, l’accord de cryptorchidie d’Alger est derrière nous. Le dialogue direct inter-Malien doit donner le résultat escompté qui servira à construire le Mali nouveau dans la paix et la réconciliation tant souhaité. Si l’unité nationale et l’intégrité territoriale ne doivent pas être des sujets de discussions lors des prochains dialogues, il est évident que l’armée doit encore jouer un grand rôle dans la stabilisation du Mali.
On le sait aussi, depuis belle lurette, les dirigeants algériens ont toujours appuyé les groupes rebelles contre le Mali car un Mali stable est une menace pour l’économie du pays d’Abdelmadjid Tébboune. L’exploitation du pétrole algérien sera menacée avec l’exploitation du pétrole malien. Tant que le Mali n’exploite pas l’or noir, l’Algérie restera un géant dans ce domaine. C’est pourquoi, il faut toujours armer des apatrides pour freiner le développement du Mali. Les terroristes, s’ils ont leur place en Algérie, n’ont plus de terre au Mali.
Dans la posture actuelle du gouvernement du Mali, il n’y aura plus de négociation avec les terroristes. Les combattants ennemis seront traqués par tous les moyens possibles et ceux qui sont leurs interlocuteurs au sud, seront mis hors d’état de nuire.
‘’Na laara, an saara’’
Alfousseini Togo
Source : Le Canard de la Venise
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